In loving memory of Cory Monteith

t_86f08cf75f0f4583bef16a54d5384c01

Vous vous souvenez sûrement de l’excellent article de ma copine, madame Piche, sur sa tendance amoureuse. On partage, ou plutôt on partageait, elle et moi, un amour infini pour Cory Monteith.

Bon, pour celles qui sont trop vieilles ou qui n’ont pas le bon goût de le connaître, Cory jouait dans la série à succès Glee, que je ne saurais que trop vous conseiller. Le pitch en quelques secondes, c’est une chorale scolaire ou se réunissent tous les abîmés de la vie, tous les gens considérés comme hors normes à l’époque du lycée. C’est drôle, c’est beau, y’a de l’amour, ça chante magnifiquement bien,  ça donne ça :

Cory Monteith est mort le 13 juillet 2013. D’une overdose dans une chambre d’hôtel. Glauque à souhait. Je vous jure qu’on est jamais préparés à la mort de ses idoles. C’est étrange quand même , je me souviens EXACTEMENT de cette matinée. Alors que bon. Cory Monteith en vrai moi je le connaissais pas, et il me connaissait pas non plus.
Mon chéri partait bosser, mon fils était au centre aéré, ma fille regardait un dessin animé.
Je vois un post sur facebook (c’était encore IN facebook l’an dernier.) « un acteur de glee décédé ». Je clique. Et là c’est le drame. Des larmes ont commencé à couler sur mes joues, mais quand je te dis des larmes, c’était le gros chagrin. J’avais l’impression idiote d’avoir perdu un membre de ma famille. Et comme j’aime pas trop être ridicule toute seule, la suite de l’histoire c’est que je partage moi même l’article et que Madame Piche arrive pour chouiner avec moi. Tout ça à 500 bornes de distance. Imaginez la scène.
Mon copain rentre du boulot, j’suis là devant mon écran, musique à fond à chialer.
« Tamaire latepu (hinhin il m’appelle pas comme ça en vrai hein !) pourquoi tu pleures comme ça ??? Y’a quelqu’un qui est mort ?? »
-Sanglots. Sanglots. »OUIIIIIIIIII » bouhou pleurs, sanglots, pleurs pleurs.
« Mais qui ??? Mais qu’est ce qu’il se passe tu vas parler à la fin, tu me fais peur! »
« C’est Coryyyyyyyy il est mort ! IL EST MOOOOOOOORT »
« Je crois que je vais appeler les urgences psy. Les hommes en blanc vont venir te chercher, ça va bien se passer. »
« Non laisse moi pleurer avec madame Piche de toute façon toi tu peux pas comprendre » Renifle.

A l’écran Finn Hudson, son personnage, vivait une magnifique histoire d’amour avec Rachel Berry jouée par Léa Michelle. Lui le sportif un peu stupide, habitué aux pompom girls, elle la fille qui rêve de gloire, mais que tout le monde déteste uniquement parce qu’elle est mal habillée et trop brillante. Ça joue sur notre corde sensible, sur notre côté mièvre, on adore ça, on en redemande.
A la fin de la saison précédent le décès de Cory, Finn et Rachel sont sur le point de se retrouver pour de bon après plein de rebondissements. On ne le verra jamais.
Mais là où fiction et réalité se mélangent, c’est que Cory et Léa étaient ensemble dans la vie. Qu’ils devaient se marier. Pour de vrai.

Alors voilà avec madame Piche on a beaucoup pleuré, et le drame c’est qu’on pleure encore.
Je passe parfois des nuits à regarder des vidéos de Glee et à pleurer. J’extériorise voyez. Le deuil comporte 7 phases, on a l’air con à tenter de faire son deuil de quelqu’un qu’on a jamais vu non?
Un épisode a été tourné pour lui rendre hommage. On a attendu 3 mois cet épisode. J’ai mis 3h à le regarder entier alors qu’il dure 40 minutes. J’ai usé un camion de kleenex.
Je vous laisse sur la chanson qu’a choisi de lui dédier Rachel, enfin Léa, enfin je pense que c’était les deux, et vous conseille de prendre des mouchoirs, vous aussi. Pour ma part je suis déjà partie chouiner ailleurs.

Dixit Bernie

martine societe

Vous connaissez Trust ?
– Si oui, vous êtes vieux / vieille.
– Si non, vous êtes inculte jeune.
Vous vous souvenez donc d’Antisocial, celles et ceux qui se souviennent donc ou qui ont un minimum de culture musicale.
Autant vous dire que j’ai gardé une tendresse particulière pour cette chanson, pas comme « Je veux », là de l’autre mal peignée, qui me donne juste envie d’éviscérer des chatons vivants ou de faire griller des bébés loutres.
Et comme je vous aime bien, sans vraiment vous connaître, c’est mon côté gentil voire un peu concon, voilà même le lien pour l’écouter ou la regarder, vous en profiterez pour apprécier les tenues, le jeu de tête et la gestuelle de Bernie Bonvoisin, qui doit être à l’hospice aujourd’hui. Agadez, clic-clic et hop, Antisocial. Comme par magie.

Tu bosses toute ta vie pour payer ta pierre tombale,
Comme tu veux. Et si tu te fais incinérer ? Tu bosses pour quoi, alors HEIN ? Tu es parti sur une rime en « al », donc je te propose de remplacer « payer ta pierre tombale » par « te payer un cheval ». Ou un orignal. Ou une cathédrale.
Tu masques ton visage en lisant ton journal,
Mais ça, c’est normal, un journal c’est grand du coup, quand tu le lis, on ne te voit pas. Sauf si tu lis un journal au format Schtroumpf.
Tu marches tel un robot dans les couloirs du metro,
Alors écoute, Bernie, dans ma Plouquie, je n’ai pas de métro, donc pas de couloirs, donc je marche dans les rues.
Les gens ne te touchent pas, il faut faire le premier pas,
Encore heureux que personne ne me touche, j’aurais bien trop peur d’attraper des maladies. Surtout en ce moment avec l’épidémie de gastro et parce qu’ils ne savent pas qu’il faut se laver les mains en sortant des cabinets.
Tu voudrais dialoguer sans renvoyer la balle,
En effet, je suis nulle au tennis. Mais je te prends au badminton quand tu veux.
Impossible d’avancer sans ton gilet pare-balle.
Présentement, je porte un gilet en 100 % laine mérinos, tout à fait seyant, qui ne m’empêche pas d’avancer, merci.
Tu voudrais donner des yeux a la justice
Ah non, mes yeux, je les garde.
Je suis phobique de tout ce qui a rapport avec les yeux. Cette phrase me soulève donc le coeur. Qu’on m’apporte une bassine sur le champ.

Impossible de violer cette femme pleine de vices.
Mon cher Bernie, le viol est un crime. Sachez-le.

Antisocial, tu perds ton sang froid.
Moi ? JA-MAIS.
Repense a toutes ces années de service.
Tu parles encore de mes services gagnants au badminton ?
Antisocial, bientôt les années de sévices,
Hé, non, ça fait mal les sévices !
Enfin le temps perdu qu’on ne rattrape plus.
Oui, c’est sans appel. Car le temps ça file vite et on ne peut pas l’arrêter non plus, comme le bus dans Speed. Ou Bellino II dans le prix d’Amérique.

Ecraser les gens est devenu ton passe-temps.
Pas du tout, j’adore regarder des bonnes séries et bouquiner, du moins quand mes enfants m’en laissent l’opportunité, donc à peu près jamais.
En les éclaboussant, tu deviens gênant.
Je n’éclabousse personne. Sinon, après, il faut passer la serpillière et j’aime pas trop trop.
Dans ton désespoir, il reste un peu d’espoir
C’est toi qui le dis. Je n’ai jamais pris ni anxiolytiques, ni antidépresseurs.
Sinon, c’est la mort au bout du chemin
Mais ON VA TOUS CREVER non ?
Celui de voir les gens sans fard et moins bâtards.
C’est vrai que photoshop biaise notre vision du monde. Bande de bâtards.
Mais cesse de faire le point, serre plutôt les poings,
De toutes les façons, je ne peux pas faire les deux en même temps. C’est donc assez logique.
Bouge de ta retraite, ta conduite est trop parfaite
Je ne suis pas encore à la retraite. Faudrait voir à pas déconner, mec. Et je ne conduis plus. Mais bientôt, je vais aller m’installer à la campagne et je vais devoir m’acheter une bagnole.
Relève la gueule, je suis là, t’es pas seul
QUOI MA GUEULE ?
Ceux qui t’enviaient, aujourd’hui te jugeraient.
Mais qu’est-ce que tu en sais ? Donne-moi leur 06 steuplé, je vais régler ça directement avec eux.

Je compte jusqu’à 3 !

calbute

Quand j’étais jeune et belle (et svelte) et surtout que je n’avais pas d’enfants, j’avais des tas d’avis très inspirés sur l’éducation de ces derniers que je me gardais bien pour moi parce que j’avais déjà remarqué que le « parent » est une espèce particulièrement dangereuse quand il n’est pas attaché.

Je ricanais (sous cape donc) notamment régulièrement des parents invectivant leurs enfants à coup de « Attention je te préviens je compte jusqu’à 3 ! », retenant avec peine un « ben mon pote tu devais pas être une flèche en maths toi dis donc ».

Aujourd’hui je paye tout ça, il y a un karma de la nullipare à qui j’ai envie de donner ce conseil (je vais donc exceptionnellement utiliser le tutoiement pour vous lecteurs, c’est une marque de confiance)  « toi amie nullipare sache que chaque moquerie qui va sortir de ta bouche sur un parent te reviendra comme un putain de boomerang aborigène en pleine tronche quand tu seras parent. Tu ne me crois pas, fais une copie d’écran on en reparle dans 4 ans ».

Ceci m’amène en toute logique à ce matin vers les 7h40 quand je sors hirsute de ma douche et que je me rends compte que le petit dernier qui devait s’habiller tout seul n’a mis que son caleçon. Il a dans l’intervalle découvert l’existence fascinante de la poche de devant du dit caleçon dont l’utilité m’interroge depuis de longues années.
Hilare il me montre que cette poche lui permet de faire sortir et rerentrer et ressortir etc son engin et semble extrêmement content de cette découverte.
Après m’être extasiée la minute réglementaire de cette incroyable avancée technologique en matière de sous-vêtements masculins je me rends compte qu’il est désormais 7h50 et que ça va devenir compliqué.
« Maintenant petit dernier il faut t’habiller, sinon on va être en retard »
« Hé maman hé regarde hinhin hop sorti »
« Oui il faut le ranger maintenant chéri on va être en retard à l’école »
« Hé maman hé regarde hinhin hop rentré »
« Voilà très bien on va prendre le petit déjeuner »
« Sorti hihi »
« ça suffit maintenant tu me saoules on est en retard tu vas rentrer dans la classe seul avec la directrice tu rigoleras moins »
« rentré héhé »
« Je te préviens, je compte jusqu’à 3, 1,2,3 ! »
« Soleillllllllllllllll »
Et le voilà immobile, figé, la nouille exposée au tout venant par la poche kangourou, un bras sur le côté un autre en l’air, façon hiéroglyphe.
J’ai ri que voulez-vous. Et on est arrivés à l’heure, en courant.

Ad augusta per angusta

mais

« Vers de grandes choses par des voies étroites. » (Et non pas, « En août, perds ta langouste »).
Le week-end dernier, il est arrivé une fort curieuse mésaventure à l’une d’entre nous, Fabienne Machin, la chef. Enfin, l’une des chefs, parce que comme la direction est collégiale, on ne sait pas trop kiki est la chef, sauf quand on s’engueule un peu, la chef, c’est celle qui nous demande d’arrêter, comme Edouard Balladur.
Bon, je me suis un peu égarée, telle l’innocente brebis.
J’étais partie pour vous raconter comment Fabienne avait dû intervenir en urgence et quitter une conversation passionnante sur Facebook au motif que son rejeton dernier-né s’était mis un mini-kart Mario dans le fondement.
Que je vous rassure de ce pas, si la situation avait tourné au tragique, je n’en aurais pas parlé ici, par décence et par amitié et aussi un peu, par peur de me faire punir par la cheffe responsable de la planification des publications.
Donc, le petit jeune homme a eu subitement envie « de voir », je cite sa mère.
De voir quoi ? Avec quels yeux ? On ne saura jamais vraiment. Parce qu’évidemment, povpitoune, ça lui a filé les chocottes. Et qu’il a pleurééééé.
Les enfants sont donc tentés de faire de curieuses expériences, sachez-le. On pourrait qualifier cette option d’empirique. Mais en vrai, c’est juste nigaud, et surtout ça nous fera soit flipper, soit marrer, soit les deux, en même temps ou l’un à la suite de l’autre et pas toujours dans l’ordre qu’on croit.
Je t’en foutrais de l’empirisme, tiens.
Et là, je me suis souvenue que quand j’avais 4 ans, il y a donc un siècle, une éternité, je me suis enfoncé des grains de maïs, pas du maïs Géant vert plein d’OGM, des grains de maïs à popcorn, dans le nez.
Pour quelle raison ? Je peine à m’en souvenir. Je voulais certainement faire pousser du maïs dans mon pif. Ou juste voir ce qui se passait moi aussi, comme le fils à la Fabienne. Ou alors, je pensais vraiment qu’il fallait le mettre là.
Et puis comme je ne fais jamais les choses à moitié, ben, j’ai mis un grain dans chaque narine, mon sens de la symétrie et du travail bien fait obligeant, très certainement.
Ma mère, une fois mon forfait accompli, a paniqué. Je ne lui en veux pas, je pense que j’aurais aussi un poil perdu mes moyens.
Et, pour une raison qui m’échappe totalement, ma génitrice m’a collée la tête en bas.
Sûrement pour bien faire descendre les grains dans mes sinus ou mes végétations, voire dans mon cerveau.
Et m’a emmenée, toujours en me portant tête en bas, au rez-de-chaussée de notre immeuble où elle a trouvé un voisin compatissant et expert en enfonçage de trucs bizarres dans le nez.
Muni de sa plus belle pince à épiler, le monsieur m’a ôté les graines indésirables.

Moralité (et quelques astuces) : déjà, si vos enfants se mettent des trucs dans le nez ou ailleurs, ne les transportez pas tête en bas.
Ne laissez pas des grains de maïs traîner chez vous. « Laisse pas traîner ton maïs », comme dit la chanson.
Ne paniquez pas. Enfin si, mais pas comme ma mère.
N’obturez ni les narines, ni d’autres orifices de vos enfants pour les empêcher de faire des conneries. Ils trouveront un autre moyen de vous faire avoir des palpitations, en utilisant une prise de courant par exemple. Ou la cuvette des toilettes. Ou le pot plein de pipi. Ou le lave-vaisselle.

L’amoureuse perpétuelle.

20140023-132041

Je me présente, Madame Piche, Nicole Piche, je tombe amoureuse toutes les 4 secondes, depuis toujours.

Je me souviens encore de mon premier amoureux en maternelle c’est pour dire. Et là, j’ai beau être mariée, je tombe amoureuse. Tout le temps. J’aime comme je respire.

Avec des amies quand on se rappelle le bon vieux temps je dis toujours « Ah lui ! han j’en étais raide dingue ! »…  et ça revient plusieurs fois dans la conversation. Ou alors c’est du genre « Non mais si rappelle toi de ce gars, j’étais folle de lui ! »

Il ne suffit pas de grand chose pour que le coup de foudre me frappe. C’est même des phrases plutôt ridicules, qui font que je me dis …. WOUAAAAAH !

Mon tout premier vrai amour, à 15 ans, (qui fut donc le premier vrai chagrin d’amour, évidemment) je l’ai croisé un jour, en allant au collège, il me passe à côté et un peu plus loin crie un pas du tout glamour « Ooooh charmantééééh » (oui, il avait un violent accent marseillais) je me suis retournée, telle une princesse indifférente, et j’ai fondu.

Après s’en est suivie une enquête durement menée, mais je l’ai retrouvé, et on s’est aimés ! (enfin moi en tous cas, c’est sûr !)

Et pour mon tout dernier vrai amour (mon mari quoi !), on se connaissait déjà depuis quelques mois, mais lui et moi étions pris.

Un soir, après être sortie de ce gouffre qui a été la pire année de ma vie niveau sentimental (j’en parlerais un jour) à mon bar habituel (qui était aussi le sien) je vais au comptoir commander, il y est. On se dit bonjour, comme toujours, et là il me dit une phrase, cette phrase je ne l’oublierai pas. S’il ne m’avait pas parlé ce soir là, en serions-nous là où nous en sommes ? Heureux, amoureux fous depuis 10 ans, mariés, 2 enfants, un appartement et 2 chats ? Cette phrase si romantique, si… comment dire… si….. bouleversante.

Oui ce soir là j’ai eu face à moi le roi de la drague. Michael Vendetta s’est inspiré de lui d’ailleurs. Il m’a donc dit, sortez vos mouchoirs : « Wouah tu as mis du liner, tu sors ce soir ? ». Je sais, aucun homme ne peut lutter, j’ai une chance folle.

N’empêche que paf, bim, boum je suis tombée folle amoureuse de lui !

Je tombe en amour très souvent, trop vous dirait mon mari, de « personnalités ». Je suis ce que l’on appelle communément, une groupie. A presque 30 ans. Il n’y a pas d’âge. (Enfin si, sûrement, mais on va dire que non hein.)

Je tombe amoureuse de chanteurs, guitaristes, batteurs, bassistes, journalistes, écrivain, tout le temps, tous les jours.

Il y a encore quelques semaines, j’attendais les mains moites après un concert, l’idole du moment pour un bisou que j’ai obtenu (je pourrais passer pro de la discipline s’il y avait des championnats). Après des moments comme celui là je grimpe à 19 de tension, j’ai des ressorts sous les pieds et j’ai un sourire qui fait très peur. (Genre Miss France constipée)

Grâce à l’internet, nous pouvons vivre des moments merveilleux, virtuels certes, mais merveilleux. Twitter c’est un genre de salle où on parle à nos personnalités préférés, tous en même temps, et on attend, qu’arrive comme par enchantement soit :

– Un retweet : qui veut dire je t’ai vu, je t’ai lu, je t’ai entendu. C’est comme si on se faisait toucher la main à un concert.

– Une réponse : Là c’est l’extase totale. C’est vraiment l’autographe, la photo et la bise réunis. Le truc qu’on a envie d’imprimer sur un coussin pour dormir avec éternellement.

– Le message privé : Summum de la folie furieuse de « c’est-trop-barge-ce-qui-m’arrive ». C’est comme une invitation dans le bus de la tournée quoi. Je connais une de mes co-auteuses qui y a eu droit, plusieurs fois même, au message privé… La chanceuse.

Moi j’ai eu la réponse, la vraie, celle qui envoie une flêche en plein coeur.

A un artiste que j’aime beaucoup (noooon sérieux ??!) un jour j’ai twitté que j’étais en train de l’écouter en terminant par un « Love you Man ! »….. et là… il a quasiment fallu que mon cher et tendre me réanime, quand j’ai reçu la réponse « No ! I Love YOU ». J’ai pleuré, crié, sauté dans tous les sens en tremblant. La mourrance de la groupie amoureuse quoi. Rien que d’en parler je tachycarde .

Bref, je suis une amoureuse perpétuelle et j’ai une chance folle, c’est d’avoir un coeur à rallonge… à l’infini. Je déborde d’amour. Chaque seconde qui passe.

Un coeur de guimauve, un coeur qui explose de bonheur, un coeur avec plein de monde dedans, et il y a encore de la place pour les prochains…

Bompard m’a tuer

Hier soir j’ai l’idée, qui m’a semblé bonne au début, de regarder les débats à l’Assemblée Nationale. Bon je vous préviens tout de suite, j’ai souvent ce genre d’idées, qui semblent bonnes au départ et qui s’avèrent de véritables conneries, comme sauter d’une balançoire et me briser la jambe. Mais passons, c’est pas vraiment le sujet, bien que je me sois quand même cassé le péroné.

Donc hier j’étais confortablement installée dans mon canapé, je me connecte sur twitter (THE place to be) et je vois ma TL (pour les novices c’est comme le fil d’actu sur old facebook) (j’aime bien les parenthèses moi aussi) s’enflammer sur les débats à l’Assemblée à propos du projet de l’égalité homme/femme. Et plus précisément sur un amendement modifiant la loi Veil qui instaurait le droit à l’avortement « pour toute femme que son état place en situation de détresse ». Il supprime cette notion de détresse et la remplace par « le droit des femmes à poursuivre ou non une grossesse ». Jusque là j’applaudis des deux mains, je fais une hola, 14 juillet avant l’heure, feu d’artifice.

Et là c’est le drame.

(je ménage mon effet)

Arrive Bompard. Alors pour ceux et celles qui ne sont pas passionné(e)s de politique, Bompard c’est un des fondateurs du FN qu’il quittera pour monter la ligue du sud et accessoirement député maire d’Orange.
Donc le voilà qui arrive. Il est déjà tard dans la nuit. Mais mon Jacky (il s’appelle Jacques) il va pas se démonter, oh que non ! C’est son heure, son moment, il se lance.

« 225 000 enfants sont supprimés chaque année. […] A chaque fois que nous montrons la réalité des fœtus déchiquetés des souffrances et des regrets des femmes avortées vous hurlez[…]vous niez la souffrance des femmes qui honnissent leur potentiel maternité au point d’attenter à la vie mais également la perte pour la société des richesses qu’auraient apporté tous ces embryons balayés par une société qui se défait elle même au point de ne pas respecter les plus faibles dans leur dignité et leur droit à la vie ».

PUTAIN CE QUE TU LEUR A MIS A CES PUTES MON JACKY !
T’as tout donné ! Des enfants morts, des fœtus déchiquetés, le potentiel maternité, le regret, c’est grand ! T’es un grand mon Jacky.

Autant vous dire que je me suis décomposée dans mon canapé. Plus de feux d’artifice. Juste des étoiles de violence refoulée.
Alors tu sais mon Jacky, moi j’aimerais bien que tu comprennes un truc. Enfin plusieurs mais vu ton âge, t’auras pas le temps d’en retenir beaucoup. Alors on va faire court et bref.

J’ai avorté à 17 ans. Je vais très bien. Je n’ai aucun regret. Je n’ai jamais été une petite chose fragile et perdue, en détresse, et encore moins à ce moment là. C’était MA décision première, j’ai eu la chance que mon compagnon la partage.  Bien sur ce n’est jamais un plaisir du genre « qu’est ce que je vais faire aujourd’hui? Et si j’allais me faire avorter? Oh oui en voilà une idée qu’elle est bonne »
Et tu sais quoi mon Jacky, ben je me regarde tous les matins dans la glace ! Et même que je regarde mes enfants grandir sans y penser. Parce que mon corps est à moi. Ne t’en déplaise. Tu milites contre la PMA au nom des femmes, par contre culpabiliser les femmes qui avortent et vouloir les forcer à mener des grossesses à terme ça te pose pas de problème hein mon cochon. Remarque, quand on t’écoute, on voit bien que t’es pas à une connerie près.
Pour conclure, je n’ai plus que quelques mots à te dire Jacques.

Mon potentiel maternité et moi, on t’emmerde.

FEU D ARTIFICE 2

In the mood for the guimauve

Je disais ce matin à mes co-auteuses et néanmoins amies, que j’avais foutrement aucune idée de sujet d’article. C’est alors que Dame Fabienne la cheffe des Internets me dit dans sa grande sagesse que « ben oué c’est pas non plus comme si c’était toi qui venait de vivre les événements les plus exceptionnels d’une vie ! » (rapport au fait que je viens donc de mettre bas, pour les 2 du fond qui suivent pas). Sur quoi j’ai répondu à la cheffe que oui, certes, vous avez toutafé raison Cheffe, mais que je me sentais pas vraiment d’humeur guimauve.

Alors j’ai encore réfléchi et non, vraiment, j’ai pas grand chose de passionnant à raconter. Je passe mes nuits, courtes, entre le lit et la table à langer, et mes journées, pas assez longues, à courir partout, emmenant le grand à l’école, tentant de rattraper la moyenne qui a décidé de se faire la malle avec un caleçon de son père sur la tête, ou courant de droite et de gauche avec le petit dans les bras entre le transat et la baignoire, à travers les escaliers, un nichon à l’air et une main collée sur ce qu’il me reste d’abdos dans un effort presque vain de retenir une éventuelle descente d’organes.

Je vous parlerai bien de la bôôôté du soleil que j’ai la grande joie de voir se lever tous les matins, mais je vis dans une région où le matin, y brume. Un bon gros brouillard tout gris qu’on y voit pas à 15 mètres. Alors le soleil, hein.

Je vous parlerai volontiers de ce meeeeeeeeerveilleux échange avec mon bébé qu’est l’allaitement que nous vivons. Ces moments rares et précieux où ses yeux encore jaunis par l’ictère et harmonieusement dissociés par un léger mais néanmoins présent strabisme convergent se plongent dans les miens. Non, se plongent on a dit, plus à droite mon bébé, encore un peu, encooooooore…… Stop ! Touche plus à rien tu y es ! Se plongent donc dans les miens. Mais là je suis en train de me tartiner la mamelle rougeaude et endolorie de pommade grasse (faite, y paraîtrait même, avec de la graisse de castor didonc).

Je pourrais aussi vous parler du bonheur incommensurable de retrouver son corps, redevenir libre de ses mouvements et maître de son centre de gravité. Là encore, malheureusement, je me vois ralentie dans cet élan par l’image que m’a renvoyé mon miroir ce matin, vision finalement assez touchante de ce ventre, hier usine à fabriquer des gens, aujourd’hui gigantesque Flanby vanille et sa sauce caramel.

Alors non, vraiment, je vois vraiment pas de quoi je pourrais bien parler.

Pourtant en réfléchissant à tout ce dont je ne pourrais pas parler, me sont venues les images de cette nouvelle vie à 5 qui est désormais la notre. C’est vrai que je dors pas beaucoup, c’est vrai que le grand fait un peu des caprices, que la moyenne fait connerie sur connerie, que le petit pleure beaucoup. C’est vrai que je vois pas trop le soleil, que j’ai putain de mal aux nichons, et que je suis toute flasque et essoufflée après 8 mètres de marche. C’est vrai.

Mais quand je regarde mon grand embrasser tendrement son petit frère, quand je vois ma moyenne qui, hier encore était ma si petite, serrer fort ce petit dans ses bras, quand je vois ses yeux à lui, mon petit, mon tout petit, si profonds, si absorbés quand on partage un câlin, quand je vois mon homme simplement être père, je me dis que quand même, y a de quoi être guimauve.

guimauve (pardon).

La musique est un cri qui vient de l’intérieur. Et qui parfois, ferait bien d’y rester.

music

J’entame avec cet article une thématique « explication de texte ».
Aujourd’hui, décryptons « Je veux » de Zaz. Croyez-bien qu’il m’en a coûté. J’ai dû l’écouter me sacrifier pour vous.

je n’en veux pas
Ca commence bien. La chanson s’appelle « je veux » et tu nous parles ce que dont tu ne veux pas. Ou de pas ce que tu veux. Enfin, merde, quoi. Tu nous fais déjà chier.
des bijoux de chez Chanel,
je n’en veux pas,
Ah mais moi non plus, c’est trop moche. Je n’aime pas, c’est assez clinquant tu vois. En revanche, si tu veux m’offrir un truc de chez Seijna je dis pas non.
Donnez-moi une limousine, j’en ferais quoi ?
Ben tu te ferais conduire par un chauffeur, tout en buvant du champagne et en faisant des gros bras d’honneur aux gens à travers les vitres fumées. Ou tu y ferais tourner un film X clip de rap histoire de rentabiliser ton investissement.
Offrez-moi du personnel, j’en ferais quoi ?
Ah moi je sais : déjà, je lui ferais changer les housses de couette, parce que c’est super chiant. Et s’occuper du linge, des courses, des repas, du ménage, des enfants pour que je puisse aller au cinoche et au restau. J’ai plein d’idées d’activités enrichissantes pour du personnel de maison.
un manoir à Neuchâtel, ce n’est pas pour moi,
Pour moi non plus. Qu’est-ce que j’irais foutre en Suisse, c’est chiant comme la mort. Blanchir de l’argent ? On sent que tu as eu du mal sur cette rime. Pourtant la chanson vient à peine de commencer.
Offrez-moi la tour Eiffel, j’en ferais quoi ?…
J’ai bien une idée, mais tu risques de ne pas trop trop apprécier mon humour.
Je veux d’l’amour, d’la joie, de la bonne humeur,
Alors là, je t’arrête : tout ça, c’est nul. Personne n’en veut.
ce n’est pas votre argent qui fera mon bonheur
Oui, enfin bon, je pense que tu es bien contente de palper tes droits d’auteur quand même, non ?
moi, j’veux crever la main sur le coeur.
Vas-y, je te regarde. Tu me diras comment ça fait. Ou pas.
Allons ensemble découvrir ma liberté,
Là, on sent manifestement que tu étais fatiguée. Parce que bon, ta liberté, on s’en carre un peu.
oubliez donc tous vos clichés,
Quoi ? Mais non je n’ai pas oublié de changer à Place de Clichy !
bienvenue dans ma réalité.
Euh, non, merci sans façons. Là, j’ai piscine.
J’en ai marre de vos bonnes manières,
c’est trop pour moi.
Oui, je comprends, c’est insupportable, ces gens bien élevés. Mais je pense que Nadine de Rothschild n’en a plus pour très longtemps.
moi, je mange avec les mains
et j’suis comme ça
Moi aussi je mange avec les mains. Mais au bout de ma main, je colle une fourchette ou une cuiller. Parce que manger sans les mains, c’est trop salissant.
j’parle fort et je suis franche,
Tu as ton caractère comme disent les gens. Une manière politiquement correcte de signaler que tu nous les brises et qu’il serait bon que tu la boucles.
excusez-moi.
Fini l’hypocrisie,
moi, j’me casse de là
Oui, bonne idée. Mais je pensais que tu étais morte déjà, avec la main sur le coeur, qui plus est.
j’en ai marre
Moi aussi, j’en ai ma claque. J’ai tenu deux couplets et un refrain.
des langues de bois
Tu préfères les langues de belle-mère ? Tu as raison, remarque, ça fait moins mal si on s’en prend une dans l’oeil. Le bois, c’est dur.
regardez-moi,
Ecoute, là, je crois que t’entendre, ça m’a suffi pour aujourd’hui.
toute manière
J’vous en veux pas
Moi je crois quand même que je t’en veux un peu. Et puis on ne dit pas « toute manière ».
et j’suis comme ça !
Oui, moi aussi.

Le petit garçon aux allumettes

allumette2

De mon temps (oui je suis née sous Michel Drucker, je vous accorde qu’il est du coup assez difficile de me donner un âge, c’est l’effet recherché) quand on était malade à l’école on avait un panel assez limité de trucs : angine, rhume ou crise de foie. Plus rarement on apprenait qu’untel avait eu l’appendicite ou une pleurésie et c’était l’attraction de la semaine en classe, on se repassait l’information sous le préau avec l’air concerné et entendu « Corinne Fallot du CM2 B a eu l’appendicite dis donc ».

Aujourd’hui chaque fois que j’emmène mon petit dernier (5ans) chez le pédiatre j’apprends qu’il a un « nouveau virus qui traîne en ce moment ». Ces virus, assez veules, prennent des tas de formes différentes et convoquent un nombre certain de symptômes chaque fois plus étonnants, farceurs et imaginatifs.

En cette nouvelle année nous venons d’expérimenter « le nouveau virus qui traîne en ce moment de janvier » : des nausées fort conséquentes, façon -je repeins au geyser les murs de ma maison- mais très espacées pour la blague. C’est-à-dire que tu penses que c’est fini, tu laisses l’enfant se nourrir comme il le souhaite, et ce d’autant plus que tu l’as gardé (contenu) en pleine forme toute la journée dans le salon. Tu patientes 10 minutes à l’issue du repas avant d’aller, enfin, le mettre au lit et là, telle Linda Blair dans l’exorciste, l’enfant tourne la tête de tous côtés  et restitue l’ensemble de son tube digestif à la vitesse de la lumière pendant que son père court chercher, trop tard, une bassine.

Bon.

Ensuite la pédiatre t’indique que oui c’est bien lui le virus et que d’ailleurs il y aura aussi vraisemblablement des flatulences extrêmement nauséabondes associées. Là, tu plaisantes (oui j’aime la galéjade) et te félicites de ne pas avoir à souffrir de ces symptômes.

Jusqu’à ce soir où je vous écris cachée sous une couverture, la main droite occupée à allumer par intervalles réguliers du papier d’Arménie, la main gauche craquant fébrilement des allumettes. ON VA TOUS MOURIR !

La viande au chat

povlkjer_sheep_rockinghorse-675x449

Depuis l’enfance je suis un peu psychopathe avec la nourriture, je veux bien manger certaines classes d’aliments, d’autres non. J’ai, par exemple, une espèce d’aristocratie du règne animal qui comporte ceux qui ne se mangent pas : beaux, intelligents, vénéneux ou qui font super peur et les autres. Pendant ma grossesse j’ai vécu une forme d’acmé de la chose avec phase « je ne mange que des aliments blancs » suivie de « je ne mange que des graines » et qui s’est malheureusement conclue par « je ne mange que du gras et du sucre ».

Bref chez moi l’alimentation  met l’ambiance et en ce moment je songe sérieusement à devenir végétarienne donc j’en parle, à voix haute, avec des gens dans mon foyer (ou seule parfois parce que plus personne ne m’écoute).

C’est donc avec toute l’empathie, la patience et la curiosité d’une mère aimante et attentionnée que j’ai recueillie ce soir cette phrase de mon petit dernier glissée à l’orée de son steak hâché purée : « maman moi je voudrais devenir végétarien ».

Très bien, parfait, explorons ensemble cette prise de conscience précoce de la souffrance animale et des questions posées par les ravages de l’élevage bovin notamment sur l’écosystème de la planète.

       Écoute mon coeur, pourquoi pas, peux tu m’expliquer un peu quelles sont tes raisons ?

       Et ben j’en ai un peu marre de manger des choses pas végétariennes

       D’accord mais est-ce que tu peux un peu mieux m’expliquer ?

       Moi je voudrais manger surtout des légumes et des pommes noisettes et comme ça j’irais jeter la mauvaise viande au chat qui habite près de la rivière chez Papili et Mamouche sauf le poulet et le poisson pané.

       Donc tu veux être végétarien pour donner la viande au chat ?

       Oui, mais pas non plus le jambon, le jambon seulement quand j’aurai 16 ans.

Je pense qu’à la loterie de la génétique, en plus de mon menton balladurien mon fils a hérité de mon surréalisme alimentaire.