La nuit je divorce

harpie

Un beau jour ou peut-être une nuit, ton enfant est malade.
Je suis de celles qui adoraient dormir (je ne me fais pas suer à assurer une concordance des temps parce qu’utiliser le présent pour cette phrase ne me sera pas utile avant encore au moins dix ans). Mon temps de sommeil idéal était de minimum 8 heures, 9 pour avoir une efficacité optimale et 10 pour la joie de vivre.
Ce qui veut dire que lorsque mon « petit train du sommeil » (si si c’est bien de ce nom ridicule que l’affuble les spécialistes) est tronçonné il faut s’attendre à rencontrer une personne, comment dire, très peu influencée par les règles élémentaires de la courtoisie et du savoir-vivre. Voilà.
J’ai vérifié encore une fois récemment à quel point il est possible de penser que je suis même atteinte de troubles de la personnalité. Mon petit dernier a une bronchite, il tousse, avec des quintes qui pourraient remplacer habilement une torture sonore à Guantanamo.
Dans ces cas-là, il faut se lever, tenter de le moucher (épreuve de qualification aux JO d’athlétisme), proposer un peu d’eau et lui faire prendre de la ventoline. Normalement c’est chacun son tour. Mais  chez nous c’est plutôt « chacun MON tour ».  Toujours est-il qu’une fois que je suis dans la chambre du petit et donc BIEN BIEN réveillée, je ne peux résister au plaisir de déclencher une engueulade qui, d’une part me tiendra occupée pendant l’insomnie, d’autre part me défoulera un peu.
C’est chose faite en regagnant ma chambre et en lançant un  tonitruant « Ne te lève surtout pas hein ça pourrait m’aider ! », le faire en allumant la lumière est un plus.Observons alors mon amoureux et guettons le faux pas. Réveillé par une harpie avec une lampe dans la gueule à 3h40, le faux pas est facile à obtenir. Tendons l’oreille : « mais j’ai rien entendu et là tu me réveilles c’est pas sympa ». BINGO !!!!! 3 faux pas d’un coup que je vous invite à décrypter avec moi :
– J’ai rien entendu ! Auquel je peux avantageusement répondre « mais comme d’habitude, quel dommage que tu n’aies pas coché la case atteint de troubles auditifs, mais uniquement de nuit, sur meetic. »
– Là tu me réveilles : « Oui c’est parce que je m’emmerdais un peu toute seule à me shooter à la ventoline les doigts pleins de morve, j’ai pensé à partager, altruiste non ? »
– C’est pas sympa : « Non tu exagères, ce qui serait vraiment pas sympa c’est de te donner un coup de pied, ou de m’essuyer les doigts dans tes cheveux ».
Il est possible de continuer la conversation en jetant quelques reproches qui n’ont rien à voir avec une parfaite mauvaise foi.
Il m’arrive assez souvent dans ces cas-là de clôturer les choses par un dramatique « je pense vraiment qu’on devrait se séparer » ou un perfide « ouais ouais c’est ça, allez tu veux le dernier mot, allez c’est bon là, voilà tu l’as »
La nuit, je divorce.

(et le joli oiseau qui vous est présenté sous son meilleur jour est une harpie, et ouais)

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21 réflexions sur “La nuit je divorce

  1. c’est très très drôle et tellement de vérité merci pour ce bon moment 🙂 la même ici sauf que nous avons des jumelles… donc x2 nuits merdiques!

  2. Ça fait du bien d’en rire, merci! Car sur le moment, c’est tout sauf drôle ces réveils nocturnes qui durent depuis 20 mois, arggg…
    Une autre harpie en cruel manque de sommeil

  3. Aucune remarque , tout pareil. Ah si ! Figure toi en plus que quand je reviens, il s’est emballé dans la couette. Ma place est donc froide et à tout vent.
    Je ne le réveille donc pas en râlant, mais en tirant comme une démente sur mon bout de couverture.
    L’oreille de mon chéri se déconnecte la nuit. Il n’y peut rien ( qu’il dit ).

    • ça c’est bien un truc de mec!!! alors que tu fais tout pour te transformer en petite souris et ne pas perturber son sommeil, lui, il a juste pensé à sa couenne! (enfin, c’est ce que je me dis, quand, comme toi, je retrouve mon bout de matelas tout froid…)

  4. Merci. J’ai bien ri.
    Une histoire ?
    – Moi, (me réveillant en sentant comme des coups de coude dans les reins) : Hummpf ?
    – Elle : Ton fils pleure.
    – Moi : haumtndu (ah, j’avais pas entendu)
    – …
    – Moi, (me réveillant à nouveau en sentant comme des coups de coude dans les reins) : hein ? ha ! kégnivé (ok, j’y vais)

    De rien.

    (Non aucune pitié pour mes congénères. Tous pour un, un pour tous, après tout.)
    (Fais pas n’importe quoi non plus, hein : une nuit sur deux, ça divise par deux les envies de divorce. Toutes les nuits, ça les multiplie)

  5. Lorsque j’allaitais Mini, elle se réveillais environ toutes les 2h la nuit (zombieland coucou!), et comme j’avais eu la merveilleuse idée d’accoler un berceau cododo à notre lit, elle ne pleurait pas bien longtemps. Tous les matins, j’avais droit à un :
    – Dis donc elle a fait sa nuit!! J’ai rien entendu!
    – Je t’étrangle de suite là?

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