Dominique, le foot et moi

11-Dominique-ROCHETEAU-Panini-ASSE-1976

Je suis née à côté d’un stade. D’un grand stade de l’Ouest parisien (ne cherchez pas, il n’y en a qu’un). La légende familiale veut que ce soit un soir de finale de Coupe de France de foot. Mais mes salauds de parents m’ont menti, il n’y avait que dalle au stade de jour là. Surtout qu’il était 5 heures 5 du matin, donc bon.

Dans ce contexte particulier, deux options s’offraient à moi, soit je détestais le sport en général, le foot en particulier, soit je tombais dedans.

Comme j’ai l’esprit de contradiction, j’ai opté pour la 2e solution. Je suis donc tombée dedans, dès la naissance ou presque.

C’est ainsi que dès mon plus jeune âge, mon père m’emmenait au stade. Oui.
Voir des matches. J’adorais ça.

J’ai donc commencé très jeune à collectionner les autocollants Panini. Je n’avais pas les albums, je les collais dans des cahiers. Je les gardais précieusement.

Surtout ceux de Dominique Rocheteau.

J’étais bien sûr fan absolue de la grande équipe de Saint-Etienne, avec leurs maillots floqués Manufrance.

Dominique Rocheteau, je m’en foutais d’avoir 15 fois son autocollant, hein. Je mangeais plein de Vache qui rit pour passer à la boîte suivante. Et fébrilement, je défaisais cette putain de petit fil – l’ouverture facile n’existait pas encore à l’époque, du coup, c’était légitime qu’on nique l’emballage – pour voir si encore une fois, la vignette était celle de mon ange vert adulé. Donc, oui, je l’aimais. C’était lui le plus fort, avec ses boucles brunes qui flottaient au vent. Quoi qu’il fasse.

J’essayais de faire comme lui avec les copains de l’école, qui me choisissaient pour faire partie de leur équipe, parce que je plantais des pions, mais ouais. J’étais une coéquipière fiable. Je me pétais la gueule sur le bitume de la cour, j’avais des croûtes aux genoux. Mais je m’en foutais. Je jouais comme Rocheteau.

Cette folle passion m’a accompagnée pendant assez longtemps, et il est inutile de vous dire que lorsqu’il a pris sa retraite, une page de mon histoire personnelle s’est aussi tournée. Le foot avait moins de saveur sans sa belle gueule.

Des années plus tard, un soir d’errance parisienne avec une amie, je le croisais dans un bar. J’étais sidérée. De le voir là, accoudé au comptoir. Je me retrouvais transportée plus d’une décennie en arrière, à coller sa trombine sur mes cahiers d’écolière. Sauf que là, je picolais en sa compagnie, puisqu’il eut la galanterie de m’offrir quelques verres, sans avoir le courage de lui dire que j’étais amoureuse de lui quand j’étais petite, pour ne pas me griller et pour ne pas le vexer non plus. Et puis, j’étais trop bourrée pour engager une conversation qui aurait fini par mal tourner, à parler des poteaux carrés de Glasgow.

Je gloussais intérieurement comme une pintade bien sûr. J’étais ravie qu’il me parle. J’avais tellement rêvé que, depuis le terrain, il me remarque sur les travées du stade – mais oui, bien sûr que c’est possible – et me fasse descendre sur le terrain, un peu comme Bruce Springsteen qui fait monter Courteney Cox sur scène, dans le clip « Dancing in the Dark ».

Une fois qu’il fut parti, je dus expliquer à mon amie, qui ne connaissait pas ce personnage mythique – comment était-ce possible – qui il était et quels furent ses exploits footballistiques. (Elle n’en avait strictement rien à carrer, comme 100 % de mes copines, bien sûr)

Mon regret le plus grand fut de ne pas avoir sur moi ce jour-là un ballon à lui faire dédicacer.
Ou l’un de ces fameux cahiers où je consignais toutes mes vignettes.

J’en aurai bouffé des Vache qui rit par amour du sport.

Publicités

5 réflexions sur “Dominique, le foot et moi

  1. Qui sont les plus forts évidemment c’est les Verts ! On va gagner ça c’est juré alleeeeeez ! j’ai eu aussi mes albums Panini de foot quand j’étais enfant, que de souvenirs pourtant je n’étais pas une dingue de foot, peut être que c’était plus pour faire comme mes copains garçons et mon frère mais je connaissais tous les noms des joueurs 🙂 la grande époque !

  2. Je porte le même amour pour le hockey et l’équipe de ma ville (j’ai quelques chouchous nombreux !)
    Le foot je matte aussi avec mes gars, de bonne tranches de rire/languette/émotions.
    Déjà testé l’ambiance à Geoffroy-Guichard !! (mais ici Mr soutien l’OL)

  3. Comme je te comprends… Étant née a côté d’un stade aussi, et quel stade… LE chaudron, le foot est une religion ici!
    Et même à 700km de mes petits verts, je ne loupe jamais une occasion de les soutenir!!!
    Et même longtemps après la grande épopée, le publique stéphanois reste fidèle, et Rocheteau craquant…

  4. Putain tu m’as rappelé des trucs, j’ai l’âge requis pour avoir adoré les verts. Mes paquets de « doubles » de Panini gonflaient mes poches en primaire. Pour mon anniversaire, je demandais les quatre ou cinq introuvables qui manquaient à mon album et que tu payais un bras par correspondance.

    J’ai arrêté de m’intéresser au sport et à toute forme de collection, rien ne les remplacera donc dans mon cœur.

    J’avais raté ton article. J’attends le prochain avec impatiente.

Une remarque ?

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s