La grève du linge

je mets un 10 / 10 en note technique
J’ai lancé un mouvement social à la maison. En cause : mon ado et son linge.
Oui, un matin, j’en ai eu marre de slalomer entre des chaussettes au fumet méphitique, des t-shirts dans des pulls – le tout à l’envers -, et des calbutes sales roulés en boule sur le parquet.
Car oui, un matin, je suis tombée sur trois gisements distincts de linge malodorant, commençant très probablement à sédimenter ou à se décomposer. Ou à abriter des fossiles – aucun animal, même le plus costaud des scorpions, ne pourrait résister à une atmosphère aussi viciée – ou des stalactites. Ou même des brassées de micro-organismes répugnants, qui pourraient s’y épanouir sans vergogne. Voire des virus mortels, de type Ebola ou Peste à petits carreaux.
Parce qu’en plus de puer des aisselles et des panards, l’ado est fourbe ET fainéant. Ce qui signifie qu’il a la flemme de coller son linge au sale, et qu’il a l’indélicatesse de mettre au sale du linge propre – comme par exemple un truc qu’il a essayé et qu’il a finalement décidé de ne pas porter -, de mélanger le linge propre et le linge sale, et de planquer le linge sale sous son lit ou au fond de ses tiroirs, là où il stocke également les emballages de Kiri qu’il gobe mange 4 par 4, puisque c’est un ado.
Bien entendu, c’est dans ce genre de situation – comme dans beaucoup d’autres, finalement – que ma mère ne m’est d’absolument aucun secours, arguant que « le pooooooooovre, il est tout malheureux, que c’est pas facile pour lui à cause que son père et moi on est séparés, et j’en passe, et que du coup, je n’ai qu’à lui mettre un panier à linge dans sa chambre, et arrêter de faire chier mon monde. »
Quant à mon mari, il m’engueule parce que je gueule.
De toutes façons, le linge tout le monde s’en tamponne le coquillard ici, puisqu’une fée invisible s’en occupe : elle le trie – se goure un peu parfois parce qu’elle va un peu vite en besogne -, le sort du lave-linge pour l’étendre, le met dans un panier quand il est sec, le plie, NE LE REPASSE PAS au grand dam de sa belle-mère, qui trouve que quand même, il est froissé, et pose les piles à proximité des lieux de rangement, qui atteignent parfois des sommets puisque les mecs ne rangent RIEN.

Du coup, j’ai décidé que j’arrêtais.
De lui ramasser son shfsdkhfsk putain de linge et de le laver consciencieusement – merde, c’est vachement dur à écrire comme mot – puis de l’étendre, et de le plier, en bonne fée invisible mère dévouée que je suis.
Non mais c’est vrai, quoi. Toutes les bonnes choses ont une fin, et je ne suis pas une lavandière de nuit.
Après de nombreux avertissements restés sans suite, après d’âpres négociations se prolongeant parfois tard dans la nuit, j’ai donc entamé sans préavis et pour une durée illimitée une grève du linge. Une grève dure et je ne compte pas baisser la garde, comme les Conti de Clairoix.
Je ne lâcherai rien.
Il a donc fait aujourd’hui, pour la 1re fois, sa lessive lui-même.

ALLELUIA.
Les autres membres de la famille ne perdent rien pour attendre.

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19 réflexions sur “La grève du linge

  1. Il y a bien longtemps que je ne lave plus que ce qui atterrit dans le panier à linge sale de la buanderie. Et qu’une fois sec, propre, repassé et plié dans la corbeille de chaque enfant, je ne remonte plus rien dans les chambres. Le matin, souvent, quelques silhouettes errent à poil, à la recherche d’une culotte. Heu, souvent moi, aussi, qui suis en général la dernière à ranger mon panier, hé hé…

    • Je suis celle qui produit le moins de linge sale ! Un jour, je mesurerai les piles, histoire de rigoler. Du coup, la mienne, elle est vite rangée ! 😉

  2. Mon préado est plutôt de bonne volonté, mais il range dans son placard des fringues sales (et/ou qui puent) et un jour m’a mis au sale tout mon tas de linge propre à ranger. À moins que ce soit une technique fourbe à moyen terme pour que je finisse par lui dire « laisse, je m’en occupe » puisque je suis un psychopathe du rangement et qu’il le sait. Faut jamais sous-estimer la fourberie des ados.

    Tiens-nous au courant de la suite.

    • Je lutte aussi contre mon envie de faire à sa place. Et non, en effet, ils sont fourbes. Très fourbes. Ils savent qu’on va faire à pour eux au bout d’un moment. Quant à la suite, pour l’instant, c’est pas encore totalement gagné, mais on progresse…

  3. Ici mon Homme à compris le sens du mot panie à linge sale, malgré quelques ratés (non bordel les chaussettes/caleçons/chemises/t-shirt) ne se rangent pas sous la table de la salle à manger (wtf ?). En revanche, la machine à laver reste juste un truc qui fait du bruit et qui vibre de temps en temps. Je lui sort son linge, je lui plie dans une panière sans le repasser, bien évidemment, et quelques jours plus tard je le force à ranger son linge sous peine d’explosion maritale violente.
    Sur ce j’attends la suite de ta grève avec grand intérêt !! Courage !!!

    • J’ai la même guerre à la maison… ! Mais je suis très fière de moi, déjà je ne vais plus chercher le linge sale, qui comme le phénomène ado ci-dessus, traîne toujours par terre. Un éternel ado… De 36 ans…. Désespérant….
      J’ai tenté la grève du linge mais je n’ai pas tenu ….
      Courage à toutes face aux ados, hommes etc…

    • Pour l’instant, on est en stand-by. Il arrive à mettre son linge au sale depuis quelques jours. Mais du coup, sa chambre est à nouveau en mégamerdier. Une sorte de système de vases communicants !

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