L’amour et moi

935712_374880939291259_398329643_n

J’ai eu des amours agitées. Des amours passionnées, torturées.
J’ai eu droit à l’amour caché, honteux, humiliant. A l’amour destructeur qui emporte tout sur le passage de la séparation. A l’amour d’un soir.
Puis il est arrivé. Et crois moi je vais pas te faire la sérénade du grand amour parfait. Non, l’amour parfait je ne connais pas.
Quand j’ai rencontré mon homme, j’étais un genre d’épave. Mon seul horizon dans la vie était le week end suivant, celui ou j’allais pouvoir m’enivrer pour tout oublier. J’avais 19 ans, je pensais à vivre vite et mourir jeune.
Notre rencontre n’a rien d’exceptionnel. On s’est connus au détour d’un site internet, comme beaucoup d’autres. Des milliards de mots écrits, de paroles échangées au téléphone. Se rencontrer, quand on vit à 1000 km de distance.

N’importe qui vous le dira, j’ai une mémoire de merde. J’oublie tout, le genre de personne qui se lève et qui arrivée dans une autre pièce a oublié pourquoi elle s’était levée.
Pourtant, je me souviens du moindre détail de la première fois que j’ai croisé ses yeux bleus. Sa tenue vestimentaire, son sourire, sa descente du train, notre premier baiser timide. L’amour qui te gifle salement. Les larmes de la séparation, la difficulté à vivre si loin, les retrouvailles passionnelles.
Le problème de la passion c’est qu’elle détruit tout ce qu’elle construit, qu’elle se pose comme une distance sans que l’on s’en rende compte. Lui laisser une place un jour, constater qu’elle la prend toute le lendemain.
Il m’a quittée, plusieurs fois. Et chaque fois je sautais dans un train pour le récupérer. Je suis sûre que s’il écrivait présentement à ma place il dirait que ça ne s’est pas passé comme ça tiens.
J’ai tout de suite su qu’avec lui, je ferai une partie du chemin. Je l’ai vu à sa manière de me regarder, de me couver des yeux par moments. Son côté faux dur mais vrai abîmé de la vie. Son côté explosif et énervé.
Un jour il a décidé de tout quitter pour moi. Sa région, sa vie, sa famille.
Il m’a défendue aux yeux de ceux qui pensaient que je ne le méritais pas. Il ne m’a jamais laissée tomber, jamais trahie.
Et pourtant, je lui ai souvent compliqué la tâche. Je ne suis pas facile à vivre, je le sais. Lui non plus de toutes façons.
Il est cliché de parler de complémentarité. Pourtant c’est le cas. Il m’apaise quand je déraille, je le canalise quand il est sur la corde raide.
Il a enduré la dépression, la peur de l’abandon, mes lubies constantes, mes faiblesses, mes manquements.
Quand notre fils est né, il l’a couvert d’amour. Quand notre fille a pointé le bout de son nez, 17 mois seulement après son frère, il l’a couverte d’amour. J’aime prendre le temps de l’écouter raconter une histoire à nos enfants. J’aime voir le regard qu’il porte sur eux, l’entendre les défendre bec et ongle même quand ils ont tort.
Quand j’ai voulu reprendre des études, passer mon bac, il m’a dit vas-y. Quand je lui ai dis que je voulais aller à la fac de droit, avec les frais que ça comporte, les restrictions financières, il m’a dit fonce. Quand aujourd’hui je lui dis que je veux me réorienter, que je veux partir pour trois ans en école d’éducateur spécialisé, il me dit encore d’y aller.

Mon homme a pour habitude de dire que je l’ai sauvé. C’est peut être vrai. Ce qu’il ne sait peut être pas c’est que lui aussi.
Sans lui je ne serai pas la femme que je suis. Je ne serai même surement pas là pour vous raconter cette histoire.
Mon homme est un écorché vif, un balafré de la vie. Le genre qui ne te dira jamais « tu m’embêtes » mais « tu me casses les couilles », mais qui n’aura jamais peur de te dire qu’il t’aime ou de s’excuser. Le genre à te dire quand tu foires, mais qui te défendras quand même quoi qu’il en coûte.
Mon homme est un roseau, il plie mais ne rompt pas.
Je ne sais pas ce que nous réserve la vie. Je ne sais pas si demain nous nous aimerons encore comme aujourd’hui. Je ne sais pas, je sais que rien n’est jamais acquis ou figé. Tout ce que je sais c’est que depuis bientôt 9 ans, nous sommes ensemble.

Mon homme n’est pas parfait, ça tombe bien, moi non plus.

Pour conclure je vous laisse cette chanson de notre dernier coup de coeur en date à Madame Piche et moi (souvenez-vous de notre groupitude), Gael Faure, que je trouve bien adaptée et magnifique.

 

Publicités

3 réflexions sur “L’amour et moi

  1. Une bien belle déclaration. Et contrairement à tant de déclarations qu’on peut lire ailleurs, on n’est pas au pays des licornes. Elle n’en est que plus forte et plus belle ! Bonne continuation à vous 2.

Une remarque ?

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s