Bright lights, big city

Il y a quelques années, je déambulais encore sur le pavé parisien. Je connaissais le plan de métro mieux que le fond de mon sac à main. Je marchais vite, trop vite.
Mais j’ai fini par quitter Paris. Pour une grande ville.
Puis, récemment, j’ai quitté la grande ville et ses tas de vomi sur les trottoirs les lendemains de soirées étudiantes, ses punks à chiens agressifs, ses nuits hachées, entrecoupées de boucan urbain mêlant vociférations avinées, jets de poubelles et violents pétages de plombs.
Pour un village. Avec son église, dont les cloches sonnent tous les quarts d’heure, sauf entre 22 heures et 7 heures, son épicerie-boulangerie qui ressemble à un magasin soviétique, tant ses rayons sont peu garnis, son bar-tabac-PMU, son fleuriste, son restaurant routier, son agence postale qui partage des locaux avec un charcutier polonais, qui porte – justement – des maillots de l’URSS les soirs de matches de foot, et qui t’annonce ton total avec un tonitruant « Alors, ça veut dire 1 euro 30 », avec un accent à couper au couteau. (Au passage, 1,30 euro, c’est le prix des 6 oeufs de ferme, oui).
Je conduis : bon, j’avoue que j’ai encore du mal à reconnaître ma voiture, vu que je mélange toutes les voitures tellement je m’en fous. Je sais juste qu’elle est blanche et que c’est une Renault. Sur les routes de campagne, j’écoute mes vieux CD à fond les manettes.
Je vais acheter du lait et du fromage de chèvre à la ferme.
Sur le parking du supermarché, ça sent souvent assez fort la bouse de vache.
Je sors chercher du pain, je croise la voisine et du coup, elle me donne 3 kilos de pommes de terre et d’autres légumes de son potager.
Je traverse le jardin pour prendre le courrier. Il y a des bestioles, des grenouilles et des poissons dans le bassin que ma mère voulait qu’on fasse murer pour éviter que les enfants se noient dedans parce qu’il lui fait penser au film Les Diaboliques. Cette référence étant trop pointue cinématographiquement et trop vintage, j’en ai mis une autre, des rosiers qui sentent sacrément bon. Je me prends aussi une toile d’araignée dans la tronche parce que, chaque jour, la grosse araignée qui vit par là retisse sa toile au même endroit, soit exactement devant la boîte aux lettres.
J’ouvre la boîte, et voilà ce qu’il y a dedans :

escrgot boite aux lettres

La ville est loin maintenant, et je dors mieux.

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8 réflexions sur “Bright lights, big city

  1. OH, j’avais un escargot dans ma boite aux lettres samedi dernier (c’est une boite aux lettres humide) (dans une ville humide).
    Ce commentaire est sponsorisé par la LCI (ligue des commentaires inutiles) 😀

  2. Un peu de salade ? Des pommes de terre ??
    La campagne ou comment re-découvrir les légumes et les fruits de saison, le silence, le calme, les personnes âgées sympathiques et les bonnes odeurs des champs. J’ai de la chance, je vis dans une ville campagnarde, au bout de 30min de marche les champs de blés et de tournesols s’étendent à perte de vue.
    ♡♥♡♥

  3. Oh con on dirait MTP ta description de la grande ville ^_^
    Je pensais être à la campagne mais pas de jardin, pas de voisins si gentils lol
    Bref une autre vie, plus sereine… (pas pour moi lol)
    D.

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