De la guimauve à la glaviouse.

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Bon, le thème est vu et revu, mais voilà, avant d’être Moukraines on est des mamans. SI.

Aujourd’hui, mon deuxième et mon -pour l’instant- dernier bébé a 5 ans. Il s’est passé quoi dans l’espace-temps ?
La semaine dernière, je sortais de la maternité, il y a 4 jours il babillait ses premiers mots, il y a 3 jours je le portais encore contre moi en manduca , il y a 2 il marchait, hier il faisait sa première rentrée et là tout à coup il a 5 ans. 5 ANS.

C’est fou je gagatise encore comme si c’était un nouveau-né, je fonds devant ses petites mains, ses petits poignets, son petit nez si mignon et dès qu’il dit quelque chose je ricane bêtement en me disant « mais qu’il est trop chou c’est pas possible ».

Parfois je culpabilise parce que j’ai l’impression que je n’étais pas comme ça avec son grand frère. Le mari me dit que si, mais que j’ai oublié. Je pense que c’est complètement différent parce qu’à 5 ans, le grand je le « partageais » déjà avec le petit depuis 1 an. Et puis bon, pas de place pour la culpabilité, après tout le grand a été mon seul et unique centre d’intérêt durant 4 ans. Et tant qu’ils ne râlent pas j’en profite! Ils sont prévenus, ça sera comme ça jusqu’à….toujours.

J’ai l’impression de tout revivre à l’identique chaque année. Je me replonge toujours dans sa petite boîte à souvenir, où il y a le papier avec les heures de mes contractions notées, à partir de 17h…on voit la différence d’écriture au fur et à mesure que les heures passent…

Je repense à mon dernier bain, pour calmer les douleurs, me masser le ventre et lui parler, lui dire qu’enfin on va se retrouver, qu’enfin je vais découvrir son visage, sa voix, le sentir et m’imprégner de lui.

Je me revois faire le ménage « parce qu’on sait jamais si les pompiers doivent venir! », angoisser de laisser mon grand pour une nuit, même si on a tout prévu et qu’il restera à la maison, tranquille, discuter toute la soirée avec une amie, faire une dernière photo de mon ventre avant d’y aller. Encrer ce moment.

La maternité, moins idyllique, rien de grave, mais des instants qui restent. Des sages-femmes pas agréables, de la lumière très forte, le fait qu’on me dise que c’est pas pour tout de suite maintenant, mais que l’on me garde, mais que le mari lui peut courir.  Le choc, la stupéfaction, il ne peut même pas retourner chercher mon sac dans la voiture. On n’y comprend rien, on est au bord des larmes et muets, abasourdis. Alors il part, moi je monte en chambre, avec juste mon sac à main. Je passerai la nuit seule, habillée, dans un lit, avec juste mon papier et mon stylo pour noter mes contractions qui se rapprochent, et mes douleurs (et donc mon copain sac à main).

Le matin, enfin le mari peut revenir, c’est pour maintenant, enfin je tombe sur une équipe formidable, UN sage-femme fabuleux, qui nous a aidé a rendre cet accouchement parfait et nous a -presque- fait oublier cette nuit hallucinante. Rien que le fait qu’il me dise  » allez vous êtes prête? ON va accoucher », je l’aime d’amour.
C’était tellement bien que je n’ai pas vu le temps passer, je n’en ai d’ailleurs aucune notion, j’ai l’impression que tout est allé vite, que l’on était tous en symbiose, quand il est né et qu’on m’a dit l’heure j’ai crié un « déjàà??!! »
Pas de péri encore cette fois-ci, même pas l’aide d’un rachi-qui-n’a-même-pas-été-utile-pour-le-premier, et je suis bien. C’est fou comme un accouchement peut être différent, l’opposé. Est-ce pour cela que mes enfants sont les extrêmes l’un de l’autre?
Je n’ai pas l’impression d’avoir souffert, j’ai juste demandé si je pouvais tomber dans les pommes en accouchant parce que je sentais des fourmis dans le visage et mes mains, l’aide-soignante, câline avec moi, me rassure en me caressant la tête et me disant « mais non, mais non », mais je sais que si.
J’ai même pu l’attraper et le serrer contre moi. Et passer les 2 heures à écouter du Lionel Richie que mon sage-femme a mis à fond dans la salle d’accouchement, et pleurer pleurer pleurer, parce que c’est beau, parce qu’on est bien, parce qu’enfin on est 4.

Nos débuts ont été un peu compliqués, ce n’est pas un bébé facile. Accroché au sein, qui ne dort pas beaucoup, qui grandit, qui est un casse-cou, qui sort de son lit à 18 mois, qui n’a peur de rien, et qui fait ses nuits à 3 ans… Ce qui est dingue c’est qu’on oublie vite tout ça. Le mari a déjà oublié, moi un peu moins, mais ça devient de plus en plus vague.

Notre grand bébé de 5 ans est un enfant joyeux, souriant, heureux de vivre, rempli d’amour qu’il nous donne tout le temps, un câlineur hors pair qui nous dit « je t’aime fort fort » au moins 100 fois par jour, qui me dit « ma maman chérie d’amour des îles beauté » (oui c’est original).
Ce petit garçon, qui aime la musique, qui veut toujours qu’on mette « plus fort », qui danse tout le temps, qui demande si les artistes qu’il aime passeront en concert dans notre petite ville, qui m’a fait pleurer de joie la première fois qu’on l’a emmené voir un groupe qu’il aime ++ (*), tellement il était heureux, les gens s’arrêtaient même pour le regarder danser et crier comme un dingue sur les épaules de son père, il avait 3 ans et demi et il vivait LE moment de sa vie qui démarrait.
Ce petit garçon qui grandit, qui veut apprendre à lire et qui dessine à merveille, qui aime son frère à la folie, mais qui aime le faire tourner en bourrique.
Ce petit garçon qui me serre fort dans ses bras quand je m’allonge un peu à côté de lui dans son lit le soir, comme s’il voulait me protéger.
Ce petit garçon qui aime venir se blottir contre nous le matin et qui fait des « guilis » dans le dos de son papa.

Bref, ce bébé qui est devenu un petit garçon et qui sera bientôt un grand garçon, et avant que j’ai le temps de dire ouf, il sera un homme. Mais je continuerais à l’appeler « bébé », il le sait, il est prévenu.

* attention avant qu’une horde me tombe dessus, c’était un concert en plein air. L’été. Voilà.

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9 réflexions sur “De la guimauve à la glaviouse.

    • Merci pour mon grand bébé et ce gentil commentaire. ❤
      (Pour la poussière je comprends j'épluche souvent des oignons quand je lis et regarde des trucs guimauve. Une sale manie)

  1. Happy Birthday à ton ptiQ !!
    MOn tout petit bébé a eu six ans y’a quelques jours. J’ai aussi écrit de la guimauve. Je ne comprends toujours pas qui a autant accéléré le temps….
    Bises

  2. Joyeux 5 ans à ton bébé ! la mienne a 9 ans mais je ressens encore les mêmes choses même si je t’avoue que quand je lui dis « mon bébé » je le murmure ou me parle à moi même parce que ça fait bizarre 🙂 mais c’est tout récent !

  3. Je suis toujours émulsionnée (ouias comme la suce tu vois) quand je lis ces doux mots de maman. Mes gars ont 10 ans (OMG !!) et bientôt 8 ans (OMG bis) et ils serons à vie mes « petits culs ».
    Pour mon grand j’ai également eu la chance d’être accompagnée par UN sage femme (un maïeuticien donc) et ce fut une très belle
    Des câlins à ton loulou pour ses 5 ans rencontre.

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