Michel est un con

Michel Kinder

Dans la famille Kinderchocolat, je demande, le père, Michel.

Avoir plusieurs enfants, même à 10 ans d’intervalle, c’est avoir autant de raison de s’émerveiller mais aussi de s’énerver un peu quand même.
Il ne vous aura pas échappé que je suis une femme de principes. Oui, les principes, ça me connaît. Les principes sont ma raison d’être, mon dada, comme le tiercé chez Omar Sharif.
En matière d’alimentation infantile, je m’évertue donc à faire en sorte que mes garçons, petits et grands, ne soient pas atteints ni de scorbut, ni d’obésité tout en prenant plaisir à manger.

– Mon fils aîné, âgé d’aujourd’hui 16 ans, a été un modèle du genre. Il a toujours mangé de tout, sans broncher. Actuellement, il joue le rôle du nettoyeur, finissant consciencieusement les assiettes de ses petits frères, même après avoir englouti ses 4 desserts et probablement l’équivalent d’un boeuf entier en apports caloriques. Il mange les kiri 4 par 4 en une seule bouchée (et n’a d’ailleurs toujours pas compris qu’il fallait qu’il cesse d’en planquer les emballages sous son oreiller). Pour l’instant, son métabolisme fait qu’il est nettement plus haut que large, ce qui le met à l’abri d’une consultation chez le diététicien, mais pas chez le psy si j’en crois ma mère et ma belle-mère, parce qu’il est malheureux puisque son père et moi on est séparés. D’ailleurs quand il était petit, sa grand-mère paternelle me soupçonnait de ne pas le nourrir suffisamment, entre autres maltraitances que je lui infligeais en permanence, car il ne correspondait pas au standard joufflu et potelé du bébé bien portant. J’ai pour ma part beaucoup de mal à supporter ce culte du pli, ce n’est pas une contrepèterie que vouent de nombreux parents à leur très jeune progéniture. Elle s’empressait de lui donner des compléments alimentaires dès qu’elle en avait la possibilité. Et m’indiquait qu’il était trop maigre. Ou qu’il ne grossissait pas. Ce à quoi j’avais d’ailleurs toujours envie de répondre « occupe toi de ton cul qui est bien assez gros, lui ». Bref.

– Le second s’est montré moins convaincu sur la nécessité de manger des bonnes purées et soupes préparées au babycook. Ou des soupes. Mais a quand même joué le jeu un certain temps. Je n’ai pas encore compris pourquoi au demeurant. Il s’alimente à peu près correctement aujourd’hui. Même si les légumes ne sont pas ses amis pour la vie. A mon grand désespoir. Mais il sait manger avec des baguettes et pas moi, du coup, je me la boucle hermétiquement.

– Quant au 3e, quasiment depuis sa naissance, il m’a priée de m’asseoir sur mes principes et mes notions d’équilibre alimentaire (ainsi que sur plein d’autres trucs). Après avoir été allaité longtemps, et avoir TOUJOURS obstinément refusé toute forme d’alimentation via un biberon, il a ensuite refusé tout apport en légumes, fussent-ils bio et épluchés avec amour par sa môman, réduits ou non en soupes ou purées. Rapidement, ses choix se sont portés sur les pâtes, le riz, la semoule, le tout agrémenté de viande, de poisson ou de jambon. J’ai donc rapidement remisé mon babycook, non sans verser une larme, jusqu’à ce que j’en tire un prix raisonnable sur leboncoin. En grandissant, il nous a également signifié une propension certaine à manger des compotes. Et à rejeter tout ce qui ressemble de près ou de loin à du lait ou ses produits dérivés, malgré une période assez courte de consommation de petits suisses aux fruits. Puis s’est également pris d’une passion pour les Kinder maxi, dignes successeurs des kinder chocolat de mon enfance, ceux dont ce connard de Michel ignorait l’existence alors que ses enfants blonds lui demandaient une « confiserie ».(Je vous demande instamment de cliquer sur le lien et d’admirer l’esthétique fin 1980’s – début 1990’s de ce spot publicitaire, le scénario et les dialogues aux petits oignons ainsi que la parfaite synchronisation du doublage. Merci aussi de noter que grâce à la femme à Michel, les enfants ont échappé à une mort certaine provoquée par l’ingestion répétée de confiseries frelatées, alors que le Kinder chocolat est un aliment parfaitement sain puisqu’à l’intérieur on y trouve un verre de bon lait de vache nourrie aux carcasses de vaches ainsi que de la bonne huile de palme.)
Le Kinder et sa bonne huile de palme ont donc fait leur entrée fracassante dans les placards de la cuisine. Au point que le petit dernier a développé une sorte d’addiction. Au point aussi qu’il en fasse son petit dej. Et son goûter. Et parfois même l’essentiel de son alimentation quotidienne. Au grand dam de tout le monde, sauf très certainement de Giovanni Ferrero. D’abord pleine de culpabilité et un rien stigmatisée par les pourfendeurs de l’équilibre alimentaire présents mon entourage proche (pas mon mari, il n’a pas intérêt), je me suis résignée. Puis j’ai récemment décidé de me battre, décrétant unilatéralement un moratoire à effet immédiat sur le Kinder.
On réduit la dose, jour par jour. Comme avec les toxicos. Sauf que le petit est moins dangereux qu’un toxico en manque, ses crises pouvant au pire le conduire à se rouler par terre sur le carrelage de la cuisine en me jetant à la tête son doudou plein de bave (et de virus Ebola).
Et j’ai bon espoir que d’ici un mois ou deux il me réclame du gratin de chou-fleur, ou des bâtonnets de crudités à tremper dans du fromage frais à la ciboulette.

On peut toujours rêver.

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9 réflexions sur “Michel est un con

  1. oh tiens, ça me rappelle quelque chose !
    ma belle-mère a l’air persuadée qu’un enfant ça se nourri au sirop-bonbon-gateau-pâtes
    et est du coup persuadée que je maltraite mes enfants en leur faisant manger des légumes et des fruits (non mais vraiment, ya pas idée !)
    comme toi, je suis une personne de principe(s), et je tiens très fort à l’équilibre alimentaire de mes enfants, je me fais donc un devoir d’engloutir dès leur arrivée à la maison tous les bonbons ramenés des fêtes d’anniversaire et les chocolats de Pâques. Oui, je me sacrifie pour leur santé, si après ça on ne me décerne pas le trophée de la mère parfaite, je ne comprends pas.
    Bref, bon courage pour la desintox au kinder, le chocolat est une drogue dure (surtout bourré de sucre ajouté et d’huile de palme)

  2. L’espace d’un instant j’ai failli rire en t’imaginant en train de sevrer n°3 de son addiction Kinderiale. Puis j’ai pensé deux minutes à quel point c’est relou d’avoir un enfant relou de la bouffe de type monomaniaque de l’aliment…. Fichtre. Bon courage. Et suis à l’huile de palme! (fuck, y’en a dans le nutella on est mal)

  3. Aaaaah ça faisait longtemps didon !
    Billet admirable qui illustre parfaitement les différences de caractère des enfants. Et le combat d’une mère !
    Tu m’as bien fait rire de bon matin…
    Dis toi qu’après avoir été obsédé(e) pendant une semaine par l’idée de manger un couscous (que je ne sais pas cuisiner bizarre hein), je me suis réveillée ce matin avec l’envie irrépressible de me faire une salade d’endives/saumon fumé/mozarella/noix (il paraît que c’est une salade d’hiver, chelou hein?).
    Et pourtant j’ai toujours été une fille simple qui mangeait de tout sans discrimination.
    Sauf les quenelles, la tartiflette (j’ai dû mal à digérer les pommes de terre avec le fromage alors que pour la raclette ça passe easy…), l’avocat, la mangue, les trucs marinés (sauf la viande du barbecue).
    Et là je suis en train de me dire que je m’affiche en racontant ma vie…:-) hinhin !!
    Comme quoi…

  4. J’ai moi même été sujette à une addiction au kinder maxi étant étudiante. Mes hanches s’en souviennent d’ailleurs. Depuis : interdiction totale de ses trucs à la maison. J’ai peur de replonger. Je mène le même combat avec les cacahuètes. Interdites également. Courage pour le sevrage !

  5. Je ne peux pas croire que je sois le seul à m’en rendre compte : cet enfoiré de gros radin de Michel n’a jamais eu l’intention de filer la moindre thune à ses enfants. Il suffit de s’accroupir et d’essayer d’attraper de l’argent dans sa poche pour s’en rendre compte. Il est IM-PO-SSI-BLE de prendre quelque chose dans sa poche dans cette position. Partant de cette constatation, il est évident que Michel ne fait que jouer la montre en attendant que sa bonne femme fasse son boulot, à savoir nourrir les chiares, puisque lui fait sa part du contrat en entretenant la pergola. Et à la fin, les enfants en rajoutent en félicitant leur gros con de père remis dans le droit chemin par Miss Bavière. C’est pas gagné l’égalité des sexes (et l’équilibre alimentaire) quand on t’a matraqué ça dès ton plus jeune âge.

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