Survivre en milieu humide

piscine pied de biche

Ce week-end j’ai vécu une expérience extrême. Certains font du saut en parachute, du rafting ou de l’apnée. Moi je me suis lancé un défi ultime : aller à la piscine à Paris un samedi matin.

Je sais je suis un peu dingue, je ne sais pas trop ce qui m’a pris. L’inconscience sûrement.

J’ai d’abord du retrouver l’équipement de rigueur. La mission a commencé par trouver un maillot toujours à ma taille. Je ne sais pas pourquoi, mais mes slips de maillot ont une fâcheuse tendance à se détendre. Pourtant je suis certaine que mon cul ne rétrécit pas d’une année sur l’autre. C’est un phénomène que je ne m’explique pas.

Ayé j’ai tout : bonnet de bain et lunettes, serviette de bain, gel douche et paire de tongs. Me voilà fin prête pour affronter l’épreuve. J’ai hâte.

La queue devant la piscine est immense. Ça n’avance pas. Nous arborons tous un air mi content, mi-angoissé.

J’y suis, j’ai mon ticket. Je ne comprends pas du premier coup comment le valider dans le tourniquet, mais je garde l’air faussement détendu.
Je cherche une cabine. Elles sont toutes occupées.
J’en trouve une. Des poils et des cheveux traînent au sol.
Premier exercice d’équilibre pour tenter de m’équiper sans poser un pied par terre, tout ça dans une cabine qui doit faire 1 mètre carré.
J’enfile tant bien que mal mon haut à ma taille, et mon bas trop grand. J’essaie de mettre mon bonnet de bain. J’ai l’impression de plonger ma tête dans un préservatif trop petit.
Je ne suis pas fière de mon look, mais je me lance et sors avec toutes mes affaires sous le bras, à la recherche d’un casier de consigne.
Il faut en choisir un, puis courir au clavier numérique le bloquer, sans traîner sinon ça capote.
Jusque là tout va bien.

J’arrive près du bassin, mon slip trop grand me rentre un peu dans la raie.
Je jette un regard dans l’eau. Il doit y avoir près d’une centaine de personnes qui flottent.
Je m’en fous j’y vais. L’eau est un peu froide. J’enfile mes lunettes et mon look de mouche est parfait.
J’hésite entre la ligne « nage lente » et « nage moyenne ». J’ai confiance je vais dans la file moyenne.
J’essaie de m’intercaler entre les dizaines de personnes qui se suivent à la queue leu leu.
Comme un p’tit train géant.
Je constate dès la première brasse que sous la pression de mon coup de talon au départ mon slip trop grand tente de se désolidariser de mon cul.
Second problème. La personne devant moi va trop doucement, celle derrière trop vite.
Surtout que celle derrière s’est lancée dans un dos crawlé et ne me voit pas.
Je sens ses mains qui effleurent mes mollets à chaque brasse, quand j’ai presque la tête dans le cul de celle de devant. Et je n’aime pas les contacts physiques avec les inconnus.
Je nage crispée, surtout que je perds littéralement mon slip. Je le tiens d’une main, et nager la brasse d’une main, c’est carrément pas pratique, sauf si tu aimes nager en rond sur place. Mais là je sens que l’ambiance ne s’y prête pas.
Le monsieur derrière nage quasiment sur moi maintenant.
Mes lunettes ne font pas bien ventouses, elles prennent l’eau. J’ai la pupille qui flotte et je n’y vois plus rien. Si je tente de m’arrêter pour les remettre le nageur derrière va me passer dessus c’est sur. Je vais me noyer.
Je lâche prise sur le slip et me concentre sur mon rythme les yeux clos dans mes lunettes.
Contre toute attente, j’arrive vivante au bout de ma ligne.
Je tente la ligne retour. Le monsieur derrière n’en peut visiblement plus et décide de me dépasser. Sauf qu’avec les gens qui arrivent en face à 3 en largeur ça ne passera jamais. J’ai peur.
Le mec s’en fout, c’est un warrior. Il se lance dans un crawl de désespoir hyper rapide. J’ai l’impression qu’il est en mission, un genre de Koh Lanta il doit arriver au plus vite, pour sauver quelqu’un. Pas grave si au passage il me pète le nez. Car il m’a incrusté mes lunettes dans le nez avec son coup de pied.

Je n’en peux plus, je ravale mon orgueil et rejoins la ligne « nage lente ».
Des mamies flottent. On ne sait pas bien si elles sont sur le ventre ou sur le dos. Elles arborent des maillots en nappe bultex parfaitement assortis à leur bonnet.
Je me détends un peu, le rythme moyen frôle les 3 km/h.
Mes lunettes sont en place. Mon maillot tient à peu près le coup. J’ausculte le fond de la piscine, je n’ai que ça à faire. Je remarque alors tous ces trucs en suspension, du vieux pansement en passant pas d’autres choses que je préfère ne pas chercher à identifier précisément.

Je prends une petite planche en mousse et fait des battements. Je suis bien.

Mais qu’est-ce que je me fais chier.

Au bout de 15 minutes, j’arrive au bout de ma ligne et croise le regard lubrique d’un vieux monsieur (au slip trop petit, comment fait-il). Il semble content que je sois venue baisser la moyenne d’âge de la ligne.
Je tente un retour en dos crawlé.
Je ne vais pas droit et j’ai peur de foncer dans quelqu’un. Je jette des regards nerveux vers l’arrière pour tenter d’éviter les mamies qui flottent, et surtout ne pas me prendre le mur à l’arrivée. C’était sans compter le slip humide au contenu mou du monsieur planté au bout de la ligne qui a naturellement amorti mon arrivée. Rire un peu gêné.

J’ai mon compte. Je sors.

C’est trop pour moi, je ne suis pas prête.
La semaine prochaine, je tente l’expo à Paris un dimanche. Youhouu

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17 réflexions sur “Survivre en milieu humide

    • On est complètement frapadingues… Je rêve d’une vie calme en province, et de pouvoir me baigner seule dans un lac (à 23 degrés quand même, faut pas déconner)

  1. Ça à l’air d’être l’usine la piscine à Paris le samedi matin!
    Y’a pas de toboggan? C’est bien les toboggans…avec ton slip tu aurais fait carton plein 🙂

    • Tu me donnes une idée : aller dans un truc genre aqualand avec ce même maillot et vivre l’expérience d’arriver en bas du toboggan sans le bas de maillot. Ca pourra faire un nouveau billet.

  2. ahah qu’est ce que j’ai rigolé !!
    Mais bon sang quand même : un maillot une pièce pour aller nager voyons !!!!
    (dit celle qui a tenté un cours d’aquagym en maillot 2 Pièces : perte de la culotte à chaque soubresaut : ma dignité en a pris un coup !!) . Le cheveu mouillé dans la cabine m’horripile..

    • J’avais bien pensé au une pièce, mais je n’en ai retrouvé qu’un complètement élimé et donc parfaitement transparent. Mais je reconnais le 2 pièces c’est pas la bonne idée.

  3. Rhaaa je déteste la piscine, j’y déteste l’odeur, l’impression d’y choper des champignons à chaque pas, ce bruit insupportable de résonance, le fait de devoir mettre un bonnet alors que mes cheveux font trois millimètres, je déteste qu’on m’effleure. La dernière fois je suis tombé sur un relou qui m’a expliqué que le caleçon de bain du minus n’était pas conforme parce qu’arrivant à mi-cuisse. J’ai eu beau expliquer que c’était en matière maillot de bain et près du corps et que donc je ne voyais pas la différence, on m’a sommé de le mettre en slip réglementaire si je voulais revenir dans cet établissement. Crois-moi que si ça ne tenait qu’à moi, je n’y foutrais jamais un orteil.

    Un grand moment de cinéma : http://www.dailymotion.com/video/x8eio3_les-demons-de-jesus-4_shortfilms&start=288

  4. pourquoi mais pourquoi ? pourquoi n’a-t-on pas eu droit au rhabillage ? y compris l’enfilage du slip qui se roule sur lui-mème à hauteur des cuisses, les chaussettes qui veulent pas aller sur les orteils, le froid , la douche avec le maillot qu’on n’est pas douché en dessous…
    La piscine c’est pareil partout, il faut y aller quand c’est fermé.

    • Ouais, c’est vrai. L’enfer continue ensuite. Et les toilettes. Et les chaussettes à moitié humides que tu mets dans tes tongues le temps d’arriver jusqu’à la zone d’autorisation de rechaussage.

  5. très joli billet, j’ai bien ri !
    Parisienne également, j’ai renoncé aux plaisirs de la javel après avoir compté 12 morves flottant comme des méduses autour de moi en seulement une longueur de bassin.

  6. Quelle horreur. Pour rien au monde je n’échangerais ma petite piscine de « campagne » alors… même si dans les toilettes nous trouvons ce genre d’écriteau :
    « Mesdames,
    visiblement l’élégance vous a épargnées de ses vertus…
    Merci de veiller à laisser cet endroit propre.
    Nous vous rappelons que des poubelles et une brosse sont mises à votre disposition.
    Merci de votre compréhension. »

  7. J’aurais pas dû lire. On a convenu avec une copine d’aller à la piscine avec les enfants cet après midi. Pour la première fois depuis…heu… 3 ans peut être. AVEC. LES. ENFANTS.

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