Le vélo (Jeannie Longo m’a tuer)

vélo

Voilà on est en vacances à la cool, on a repris le sport depuis janvier, on ne se sent plus pisser et on décide après 20 ans de pause qu’on va se faire une petite journée vélo tranquillou-bilou…
Sur le bateau qui nous emmène au Cap Ferret c’est la grosse rigolade, ambiance de pub des années 80 avec famille hilare, cheveux aux vents, tenue sportive, mais chic (ben ouais on va au cap Ferret quand même), regards tendres vers enfants, tout le monde s’aime, c’est beau.

Arrivés chez le loueur de vélo mon sourire se fige un peu, mais je suis drôlement courageuse, personne ne va se douter que j’ai les pépettes et soudain très envie de faire pipi. Le temps que le petit essaye un vélo, se ramasse deux fois sur le trottoir et qu’on décide donc que finalement lui ira dans une carriole tirée par son père, je réussis à garder une contenance et l’ado à se choisir le vélo hipster de la boutique, selle en cuir tatoué, il ne lui manque que la barbe et une copine japonaise.

Bon voilà j’ai un vélo, ayé. Il est orange, mais surtout il est très lourd, très très lourd, il pèse une tonne ce con, donc maintenant les vélos pèsent une tonne ok. J’utilise tout ce que m’a appris le mono de musculation pour le soulever l’air de rien. Je m’assois dessus, mon mec me propose de démarrer maintenant que je suis assise dessus depuis 8 minutes, l’ado a disparu en ricanant.
Bon, c’est quoi ces molettes ? Les vitesses ah d’accord. De chaque côté ah bon ?
Le monsieur de la boutique, pourtant très gentil, a pris son air “il ne faut pas rester là Madame”, je démarre. Tout va bien, ça tangue un peu, mais je fais au moins 10 mètres facilement avant de découvrir que CONTRAIREMENT à ce qui est écrit sur la brochure touristique il y a des voitures sur la route et qu’elles roulent à côté de moi !!!! Je fais donc 2/3 embardées avant d’accuser mon amoureux de violence conjugale par dissimulation d’informations, il rigole.
Enfin il rigole jusqu’au rond-point, après il hésite entre creuser un trou pour se cacher et partir à toute vitesse (de chaque côté donc) pour que personne ne sache que nous sommes ensemble. Au rond point en effet je m’arrête, tel un lapin pris dans les phares, regarde de tous côtés (au cas où la circulation serait subitement devenue britannique) en criant “là je fais quoi là ? Là je vais où ? Je fais quoi putain ?”.
Gentiment il choisit l’option “médiation républicaine” et me propose d’aller rendre les vélos et de se promener simplement avec nos pieds. L’ado doit déjà être à 20 km. Le petit lit une BD dans sa carriole. Je le prends très mal. Je fais une contreproposition à base de divorce, de prestation compensatoire et de pompe à vélo dans des endroits douloureux. La proposition est donc rejetée à l’unanimité des voix.

Je transpire énormément, mon look chic et sport n’a plus rien du Cap Ferret et fait plutôt penser à la caravane du Tour de France. Je ne vois rien du magnifique paysage parce que je regarde mes pieds sur les pédales, mes mains sur les vitesses et très vaguement la route. Trop vaguement puisqu’au rond point suivant une voiture de gens très chics, jeunes et qui ne transpirent pas me klaxonnent en me donnant du “et alors elle est coincée ahahahah ?” parce que je me suis malencontreusement arrêtée en plein milieu pour crier un énième “je-fais-quoi-je-vais-où” à mon mec. Il se peut qu’à ce moment-là j’ai proposé à ces jeunes gens d’aller exercer tous ensemble des pratiques sexuelles réprimées légalement dans différents pays, à l’aide de gravier, il se peut également que je leur ai montré mon majeur vigoureusement, mettant pour ça en péril mon équilibre déjà précaire et ma dignité déjà largement atteinte. Il se peut que mon fils de 6 ans et demi m’ait vu le faire avec un regard empli d’un mélange de surprise et de compassion.

Finalement on a fait une vingtaine de kilomètres et j’étais presque contente. Deux jours plus tard, on remettait ça avec des vélos moches, mais bien plus pratiques. À la fin des vacances j’étais à ça de proposer de faire l’Irlande en vélo (oui c’est toujours l’Irlande que les gens “font” en vélo j’ai remarqué). Depuis j’ai renoncé, consciente que l’adage “ça s’oublie pas c’est comme le vélo” omet le principe “si tu en fais comme une bille à 20 ans, il y a peu de chance que tu te transformes en Jeannie Longo à 45”. La prochaine fois je me remets sur des patins, ça va être la poilade.

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20 réflexions sur “Le vélo (Jeannie Longo m’a tuer)

  1. Ahahahah ! Quand est-ce que vous venez nous voir à la campagne que je puisse voir ça en vrai ? (Mais on a pas de rond-point, dommage !)

  2. Ahah j’ai cru me voir y’a deux ans !!! Pareil !! Et maintenant je me régale, je promène même la carriole des monstres ! Bon j’arrive tjs pas à lever le bras pour indiquer que je tournasse mais ma fille le fait très bien !!! (les rollers laisse tomber j’ai tenté, mes fesses s’en souviennent, le seul endroit non protégé qui prend cher : attraction du cul toussa…)

  3. Merci pour cette bonne tranche de rigolade au milieu de trucs de boulot très chiants! J’ai eu un sourire niais de la première à la dernière ligne…Je t’y voyais, mais tellement! Et moi aussi….T’imagines bien!
    Et ce fameux lapin dans les phares qui fonctionne toujours autant! Suis d’accord avec SpiderMaman: une photo, une photo!!!

  4. Je sais que ce n’est pas bien de rire au détriment des autres mais voilà : MERCIIIII pour ce bon moment passé à lire tes mésaventures, toujours si bien narrées et pleines d’images subliminales pour décrire tes pensées.

  5. Bah les filles pourquoi vous réclamez la photo ?? Elle l’a bien mise…
    Ton récit est succulent, on s’y croirait.
    Vous avez bien fait pour la carriole… nous avons opté pour ça aussi cet été. Seulement Papa Crevette a mis un peu de temps avant d’intégrer le gabarit de celle ci… oups…

  6. Notes à moi-mème : 1 tu as raison de ne pas saquer les cyclistes, ce sont des gens vulgaires et haineux
    2 n’emmènes jamais ta copine faire du vélo, ne fais jamais de petit enfant, ni non plus d’ado.
    3 ne dépasse jamais 45 ans, ni 30 d’ailleurs, le naufrage est de plus en plus précoce dans la vie moderne.

    Et hop, j’envoies ça 25 ans en arrière.

  7. 🙂 et je constate que la solidarité familiale marche à plein tubes dans ce genre de difficultés ! je n’avais pas fait de vélo depuis bien 20 ans et je me suis lancée avec Vélib… la première fois j’ai eu peur des voitures, des piétons, des autres vélos puis j’ai filé telle une gamine ! bon bizarrement depuis que j’ai déménagé je n’ai pas repris mais il faudrait que je m’en achète un… quand même au bout d’1h ça fait mal au cul 😀

  8. Je m’insurge, parce qu’on ne dit pas le cap ferret, mais le ferrèèèèèè. Et puis sinon, j’ai tellement l’image de ta perplexité au milieu du rond point que je n’en peux plus de rire.

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