La grossesse, joie de vivre, plénitude…mon cul oui!

Bonjour Bonjour les Mamounettes!!!!!!!
Je viens vous emmerder avec raconter la première moitié de ma grossesse-d’amour-coeur-avec-les-doigts ! Ha la la c’est tellement de bonheur! J’adore cet état de grâce dans lequel on est plongée quand on est enceinte, c’est tellement merveilleux ! Tous les petits tracas du quotidien se transforment en moment de pure douceur absolue parce que tout est beau, tout n’est que guimauve, praline et bulles de malabar.
Alors je suis à….laissez moi calculer, je suis à 22 semaines….+ 3 jours? ou 4? Mais euh…22 SA ou SG? Je ne sais jamais putain…Bon en mois ça fait….22 semaines que je divise par 4, oui, mais bon, il y a des mois où il n’y a pas 4 semaines non? Et il y a eu le mois de février entre-temps, je crois? Merde quand est-ce que je suis tombée enceinte moi déjà?

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Et sinon à part ça?

sinon a part ca

Et sinon à part ça?

Je me suis fait houspiller par la Cheffe LePic parce qu’il fallait que j’écrive un article, mais je ne savais pas quoi dire. Marie Curare m’a conseillé de faire du ménage et du sport, que l’inspiration vient dans ces moments-là. En ce moment je n’ai pas la force de faire du ménage et le sport…MOUAHAHAHA. Alors là, Ouiche m’a dit « commence à écrire n’importe quoi et tu verras ça vient tout seul. »

Je me suis rappelé son excellent article où, justement, elle ne racontait rien (là par exemple), et je me suis lancée. (mais pas trop loin, j’ai la force d’un poulpe catatonique)

Le pire c’est que j’en ai des choses à dire. Plein même!

Genre, on a un nouveau lapin à la maison. En plus d’un premier lapin, d’un cochon d’inde et de 2 chats. (et d’un pigeon mort coincé dans l’ancien conduit de la cheminée, dans le plafond, mais bon lui à la limite il n’est pas trop envahissant)
Si on n’habitait pas dans un appart, il y aurait autant de bestioles que chez La Ouiche.
OUI, dans le milieu paysan on dit LA Ouiche, LA Marie, LA Piche…(cliché mon amour)
Et nos lapins-cochons-d’inde ont des noms de bouffe. On est pas très originaux en plus d’être des obsédés-gourmands.

Et sinon à part ça?

On a fait l’inscription du grand zèbre en 6ème, je ferais sûrement un article sur le sujet, mais il a sauté une classe en novembre et il est donc en CM2.
Tout se passe à merveille.
Et en même temps j’inscris le petit au CP.
LES ENFANTS QUI GRANDISSENT C’EST UN SCANDALE.
Je vais lancer une pétition.

Et sinon à part ça?

Ce week-end on était chez des amis, à la neige. C’est trop bien.
Jouer au Yam’s en buvant des infusions avec le feu du poêle à côté et la neige qui tombe dehors, merveilleux. On se serait crus dans une pub Ferrero Rocher didonc.

On est allés skier aussi. Enfin….ILS sont allés skier. Pas moi hein. Évidemment.

Pendant qu’on attendait le copain avec les forfaits, on observait les moniteurs avec les groupe d’enfants. Et beh c’est pas joli joli hein. On était hallucinés.
C’est vraiment des gens et un monde à part.
(Comme pour tout, il y en a qui sont gentils hein, mais ils devaient être en RTT ce jour là. J’espère)
Là on a eu droit à la monitrice qui dans une autre vie a dû être chauffeur poids-lourds la semaine et championne d’haltérophilie le week-end et les jours fériés. Tout en fumant 25 paquets de clopes par seconde. Elle dit -gueule- aux enfants que le cours est bientôt fini, là, une jeunette de 12 ans dit « oh lala déjà! J’avais encore envie de skier! »….la malheureuse!
Là, on se serait cru dans une bande dessinée, vous savez, quand un personnage crie sur un autre tellement fort que ça le penche complètement en arrière comme s’il se prenait une rafale à 180 km/h dans la figure.
Donc elle lui a braillé dessus que « NON MAIS OH ON A UNE VIE ON TRAVAILLE HEIN BORDEL NON MAIS OH ».
J’étais à 2 doigts de pleurer pour la gamine.
Ensuite on a eu droit à un qui fait des blagues sur le Marquis de Sade qui « fouette une bonne année », alors certes les enfants n’ont sûrement aucune idée de qui est ce monsieur, mais quand même, on sait que ça répète tout un enfant et j’imagine la gueule des parents le midi quand il va récupérer son môme « PAPAAAAA cééékiiiiiiii le marquis de Saaaaaade??!! Et pourquoiiiiiiii il fouette des bananiers???!!!!! » Voilà bon.

Et l’apothéose c’est celui qui se cure le nez très ostensiblement, qui y trouve ce qu’il y cherchait et qu’il dit bien fort aux mômes qu’il a en face de lui (moyenne d’âge 6 ans. Sans compter le moniteur) « Ah bordel vous auriez pu le dire que j’avais une crotte de nez merde! »

On a donc vécu de grands moments de savoir-vivre et de pédagogie enfantine.

Et sinon à part ça?

Je suis partagée entre la trouille et le youpi parce que dans une semaine et demie on part l’Homme et moi (et ma mère….hum. bon) à Paris.
Pour toute une semaine.
Sans les enfants.
A vous de situer où est le youpi et où est la trouille.

Et beh malgré certains relents de mère égoïste quand je me barre en week-end avec mes copines (oui enfin bon à 10 bornes de la maison hein), j’ai un cafard monstre à imaginer ma semaine sans eux, ça va être long bordel….
Et pas seulement parce que je vais être avec ma mère quasi H24 pendant 6 jours. (Vous sentez la joie qui m’envahit??)

Les super points du youpi c’est que ma belle-soeur est sensée accoucher la semaine où on y est, de ma petite nièce qui a été bien attendue par tout le monde. Donc j’espère qu’elle n’attendra pas la veille de notre départ pour arriver, qu’on puisse pouponner toute la semaine.
Autre point Youpi, on va se faire des bouffes avec ma copine Fabienne et son mari. Et ça c’est trop trop youpi. Parce qu’on se marre quand même vachement ensemble.

Et puis je vais me faire l’expo Bowie, et ça aussi c’est youpi à fond.

Les moins youpi, ça va être ma mère fatiguée, ma mère qui a peur, ma mère qui va me dire ‘tu es sûre que c’est par là? Tu es sûre que c’est la bonne ligne de métro? Non mais tu devrais appeler ton frère pour qu’il vienne nous chercher parce que bon là, j’ai l’impression qu’on est perdues. Pffff tu es pénible à n’en faire qu’à ta tête hein! Ce soir je peux venir avec vous au resto? Non? T’es vraiment pas gentille avec ta pauvre mère hein ».

Et sinon à part ça?

En ce moment, depuis quelques semaines, je suis ultra fatiguée, j’ai des boutons d’acné plein la tronche, j’ai des seins énormes qui me font mal comme si je venais de me faire opérer, j’ai des nausées bien relous.
J’ai un tout petit truc qui est en train de pousser dans mon ventre.

À part ça, dans quelques mois on sera 5. Et ça c’est méga ultra supra youpi.

Mère au foyer un jour, glandeuse toujours.

améfaf

Un super article et une discussion à son sujet avec Fabienne Lepic, tout ça m’a donné envie de vous raconter un peu ma vie de femme au foyer qui s’est reconvertie en travailleuse indépendante, des préjugés que l’on se traîne à la patte, même des gens que l’on pensait quand même au courant un minimum de notre quotidien.

Je ne travaillais pas quand j’ai eu mon aîné, je ne voulais pas et en plus notre situation faisait que c’était compliqué (déménagements, vie dans un petit village éloigné et sans permis, et quand on calcule les frais de nounou avec un petit boulot sans qualification, autant rester chez soi), 4 ans après on a eu le 2ème, autre village, mais même configuration.

Je ne suis pas une fée du logis, mais c’est pas non plus une porcherie chez moi, c’est surtout un gros manque d’organisation. J’ai adoré m’occuper de mes enfants 24/24, je m’épanouissais dans ce rôle, je ne le faisais pas par contrainte, c’était une évidence pour moi. Certes, étant une grande angoissée de la vie ça m’arrangeait pas mal, la vie en société toussa, c’était pas tout à fait mon délire.

Je comprends aussi carrément celles qui n’attendent qu’une chose, retourner au travail. Je sais que ce n’est pas parce qu’on n’a pas envie de s’occuper de ses gosses, ni de sa baraque que l’on n’aime pas sa vie de famille. Je n’aime pas les discours qui mettent les mamans heureuses de retourner bosser dans la case des mères-qui-s’en-foutent-et-qui-font-des-gosses-pour-faire-bien, comme je n’aime pas que l’on mette celles qui décident de rester chez elles pour s’occuper de leurs enfants, de leurs maisons et de leurs mecs dans la case mère-du-siècle-dernier-soumise-à-merci-à-sa-famille-et-sa-patrie. (Bon, évidemment, il y a très sûrement des rares exceptions qui confirmeront les règles, mais c’est comme les gens cons, il en faut.)

J’ai donc été quelques années cette mère qui n’en fout pas une chez elle, à part rester le cul sur le canapé à regarder La maison de Mickey en boucle avec son gamin qui mange des chips en guise de repas. (ACHTUNG CECI EST DU SECOND DEGRÉ) (NON PARCE QU’ON NE SAIT JAMAIS HEIN. J’EN VOIS 2 AU FOND QUI « RHOOOOOO » )

C’était clair avec mon époux, lui il avait son taf, il aurait adoré qu’on échange nos rôles, père au foyer c’est son kif, mais au jeu de la ploum-ploum-qui-qui-c’est-qui-aura-un-plus-gros-salaire-ira-travailler, c’est lui qui gagne, donc il y va.

Quand le 2ème a eu quelques mois, nous avons ENCORE déménagé pour retourner dans notre ville d’origine. J’avais réglé une grosse partie de mes angoisses qui m’handicapaient, et j’avais envie d’aller travailler et de mettre un peu de beurre dans nos épinards surgelés Picard.

J’ai une piste pour un taf, je règle vite fait l’inscription à la crèche du petit de presque 11 mois, et j’attaque le boulot. Là s’en suivent 2 mois de contrat d’un boulot très sympa, mais techniquement parlant c’était archi pénible. Le rythme était hard, surtout quand on a un enfant de 11 mois qui se réveille 50 fois la nuit, qu’on n’a pas le permis et que donc on traverse la ville en long en large et en travers pour en déposer un, puis un autre, et courir pour pointer avant que ça clignote rouge. Rentrer seulement 3/4 d’heure le midi, manger une quiche en mettant une machine, une tournée de lave-vaisselle et de sèche-linge. Le plus dur étant de ne pas mettre les bodies au lave-vaisselle, des couteaux dans le sèche-linge et la quiche dans la machine à laver. (On rigole, mais plusieurs fois j’ai mis des couches dans la machine à laver, réflexe de l’utilisation des couches lavables et/ou fatigue…je me demande encore, bref, le résultat est vraiment un des trucs les plus pénibles de la terre). Le soir, rebelote dans l’autre sens, en courant pour que le grand n’aille pas à la garderie parce qu’il y allait déjà le matin, et que ça faisait beaucoup, et les 2 jours par semaine où je n’avais pas à courir pour eux je faisais des heures de malade pour récupérer celles des autres jours.

Je ne réclame pas de médaille, loin de là. Mais c’est un chouille rageant que les gens qui me pensent glandeuse quand j’éduque mes enfants ne soulignent pas un minimum quand le rythme devient plus que très soutenu et qu’un peu d’empathie ne ferait pas de mal.

Mon contrat s’est fini, un grand soulagement, j’avais perdu beaucoup de poids (à force de mettre mes repas de midi dans l’électroménager de la maison…), mais j’aimais quand même bien être un peu dehors de chez moi quelques heures et le petit 2ème se plaisait bien à la crèche. J’ai trouvé un petit boulot, quelques petites heures par semaine. Rien de folichon, mais quand même. Ce n’était pas un taf très gratifiant et à part mon homme, on me le faisait bien sentir. Soit.

Puis il y a 2 ans, on m’a fait une proposition pour le boulot de mes rêves. Après 2 jours de cogitation intense j’ai accepté et la machine s’est mise en route. J’étais comme une dingue en l’annonçant à mon entourage. Là encore douche froide, il y a même une personne, proche pourtant, qui m’a dit: « Non, mais attends, ça va pas être trop dur de te lever tous les matins? »

– « Ah beh oui évidemment, c’est vrai que mes enfants le matin ils se lèvent, déjeunent, se préparent tous seuls et partent à l’école, d’ailleurs le petit 2ème, à 3 ans il  il se démerde vachement bien pour ne pas se faire écraser par les bagnoles. » Ceci était donc un exemple parmi d’autres. Il y en a que j’ai volontairement oubliés.

Depuis 2 ans donc j’ai un boulot qui me passionne, mais qui est chaud patate parce que c’est la crise ma p’tit dame, et que ça ne me rapporte pas un salaire. Plusieurs fois j’ai entendu que je devrais trouver UN VRAI travail, qui rapporte un salaire, et on s’en fout de savoir si je suis bien ou pas. Et là où mon mec gère grave (entre autres) (je vous vois venir) c’est que pour lui il n’en est pas question. Certes on galère au quotidien. Mais comme il le dit, il ne m’a jamais vu aussi épanouie et qu’il est hors de question que je trouve un boulot alimentaire et que je finisse en dépression.

Mais bon, même en bossant comme une dingue avec très très peu de congés (quand je ne travaille pas , la caisse ne se remplit pas…donc c’est vite vu), on ne reconnaît toujours pas QUE JE TRAVAILLE, que les heures où je n’y suis pas dans la journée, j’ai pas forcément envie des les remplir en briquant ma maison à fond. Poser mon cul devant Amour, Gloire & Beauté en petit déjeunant ça me fait aussi du bien.

Plusieurs fois dans l’année avec mes meilleures amies d’enfance on se fait un week-end entre nous, pas loin, à 10km de chez moi. Un week-end où je déconnecte complet, on parle, on chante, on boit, on danse, on lit nos horoscopes, on boit, on fume des clopes, on parle, on va promener, on se baigne (selon la saison évidemment) on ne se dit rien aussi, bref, j’en ai besoin. C’est vital. Pour mon mec c’est une évidence. Ce n’est pas le cas du « reste du monde ». Limite on le plaint, de devoir supporter une femme qui se permet de se barrer 2 jours, qui va souvent manger avec ses copines le soir. On me dit que j’ai bien de la chance qu’il me laisse faire tout ça (oui oui vous avez bien lu), mais que quand même faut pas abuser non plus.

WELCOME AU 21ème SIÈCLE! Prenez vos tabliers, les pantoufles de votre mari et foutez vous un plumeau dans le cul, tout va bien se passer!

 

 

 

 

 

De la guimauve à la glaviouse.

5

Bon, le thème est vu et revu, mais voilà, avant d’être Moukraines on est des mamans. SI.

Aujourd’hui, mon deuxième et mon -pour l’instant- dernier bébé a 5 ans. Il s’est passé quoi dans l’espace-temps ?
La semaine dernière, je sortais de la maternité, il y a 4 jours il babillait ses premiers mots, il y a 3 jours je le portais encore contre moi en manduca , il y a 2 il marchait, hier il faisait sa première rentrée et là tout à coup il a 5 ans. 5 ANS.

C’est fou je gagatise encore comme si c’était un nouveau-né, je fonds devant ses petites mains, ses petits poignets, son petit nez si mignon et dès qu’il dit quelque chose je ricane bêtement en me disant « mais qu’il est trop chou c’est pas possible ».

Parfois je culpabilise parce que j’ai l’impression que je n’étais pas comme ça avec son grand frère. Le mari me dit que si, mais que j’ai oublié. Je pense que c’est complètement différent parce qu’à 5 ans, le grand je le « partageais » déjà avec le petit depuis 1 an. Et puis bon, pas de place pour la culpabilité, après tout le grand a été mon seul et unique centre d’intérêt durant 4 ans. Et tant qu’ils ne râlent pas j’en profite! Ils sont prévenus, ça sera comme ça jusqu’à….toujours.

J’ai l’impression de tout revivre à l’identique chaque année. Je me replonge toujours dans sa petite boîte à souvenir, où il y a le papier avec les heures de mes contractions notées, à partir de 17h…on voit la différence d’écriture au fur et à mesure que les heures passent…

Je repense à mon dernier bain, pour calmer les douleurs, me masser le ventre et lui parler, lui dire qu’enfin on va se retrouver, qu’enfin je vais découvrir son visage, sa voix, le sentir et m’imprégner de lui.

Je me revois faire le ménage « parce qu’on sait jamais si les pompiers doivent venir! », angoisser de laisser mon grand pour une nuit, même si on a tout prévu et qu’il restera à la maison, tranquille, discuter toute la soirée avec une amie, faire une dernière photo de mon ventre avant d’y aller. Encrer ce moment.

La maternité, moins idyllique, rien de grave, mais des instants qui restent. Des sages-femmes pas agréables, de la lumière très forte, le fait qu’on me dise que c’est pas pour tout de suite maintenant, mais que l’on me garde, mais que le mari lui peut courir.  Le choc, la stupéfaction, il ne peut même pas retourner chercher mon sac dans la voiture. On n’y comprend rien, on est au bord des larmes et muets, abasourdis. Alors il part, moi je monte en chambre, avec juste mon sac à main. Je passerai la nuit seule, habillée, dans un lit, avec juste mon papier et mon stylo pour noter mes contractions qui se rapprochent, et mes douleurs (et donc mon copain sac à main).

Le matin, enfin le mari peut revenir, c’est pour maintenant, enfin je tombe sur une équipe formidable, UN sage-femme fabuleux, qui nous a aidé a rendre cet accouchement parfait et nous a -presque- fait oublier cette nuit hallucinante. Rien que le fait qu’il me dise  » allez vous êtes prête? ON va accoucher », je l’aime d’amour.
C’était tellement bien que je n’ai pas vu le temps passer, je n’en ai d’ailleurs aucune notion, j’ai l’impression que tout est allé vite, que l’on était tous en symbiose, quand il est né et qu’on m’a dit l’heure j’ai crié un « déjàà??!! »
Pas de péri encore cette fois-ci, même pas l’aide d’un rachi-qui-n’a-même-pas-été-utile-pour-le-premier, et je suis bien. C’est fou comme un accouchement peut être différent, l’opposé. Est-ce pour cela que mes enfants sont les extrêmes l’un de l’autre?
Je n’ai pas l’impression d’avoir souffert, j’ai juste demandé si je pouvais tomber dans les pommes en accouchant parce que je sentais des fourmis dans le visage et mes mains, l’aide-soignante, câline avec moi, me rassure en me caressant la tête et me disant « mais non, mais non », mais je sais que si.
J’ai même pu l’attraper et le serrer contre moi. Et passer les 2 heures à écouter du Lionel Richie que mon sage-femme a mis à fond dans la salle d’accouchement, et pleurer pleurer pleurer, parce que c’est beau, parce qu’on est bien, parce qu’enfin on est 4.

Nos débuts ont été un peu compliqués, ce n’est pas un bébé facile. Accroché au sein, qui ne dort pas beaucoup, qui grandit, qui est un casse-cou, qui sort de son lit à 18 mois, qui n’a peur de rien, et qui fait ses nuits à 3 ans… Ce qui est dingue c’est qu’on oublie vite tout ça. Le mari a déjà oublié, moi un peu moins, mais ça devient de plus en plus vague.

Notre grand bébé de 5 ans est un enfant joyeux, souriant, heureux de vivre, rempli d’amour qu’il nous donne tout le temps, un câlineur hors pair qui nous dit « je t’aime fort fort » au moins 100 fois par jour, qui me dit « ma maman chérie d’amour des îles beauté » (oui c’est original).
Ce petit garçon, qui aime la musique, qui veut toujours qu’on mette « plus fort », qui danse tout le temps, qui demande si les artistes qu’il aime passeront en concert dans notre petite ville, qui m’a fait pleurer de joie la première fois qu’on l’a emmené voir un groupe qu’il aime ++ (*), tellement il était heureux, les gens s’arrêtaient même pour le regarder danser et crier comme un dingue sur les épaules de son père, il avait 3 ans et demi et il vivait LE moment de sa vie qui démarrait.
Ce petit garçon qui grandit, qui veut apprendre à lire et qui dessine à merveille, qui aime son frère à la folie, mais qui aime le faire tourner en bourrique.
Ce petit garçon qui me serre fort dans ses bras quand je m’allonge un peu à côté de lui dans son lit le soir, comme s’il voulait me protéger.
Ce petit garçon qui aime venir se blottir contre nous le matin et qui fait des « guilis » dans le dos de son papa.

Bref, ce bébé qui est devenu un petit garçon et qui sera bientôt un grand garçon, et avant que j’ai le temps de dire ouf, il sera un homme. Mais je continuerais à l’appeler « bébé », il le sait, il est prévenu.

* attention avant qu’une horde me tombe dessus, c’était un concert en plein air. L’été. Voilà.

Justicière à la con

justicière à la con

Vous commencez à nous connaître, un brin tarées, blindées de lubies à la con, de phobies improbables, de tics/tocs complètement inutiles. (Mais il faut avouer que ça nous donne de la matière à écrire et vu qu’on essaye d’être un peu drôles quand même…)

Je viens donc aujourd’hui vous confesser un TOC incontrôlable chez moi, c’est diagnostiqué chez d’autres Moukraines mais elles se soignent.
Je voudrais arrêter. Je n’y arrive pas. J’essaye hein, je vous jure. D’ailleurs ça va beaucoup mieux. Avant je pouvais y passer des heures, me faire des ulcères, hurler seule chez moi dans le noir et la torpeur de la nuit (non là je déconne). Je m’engueulais avec mon mari qui ne comprenait pas pourquoi je me mettais dans des états pareils pour des choses aussi stupides.
Mais non, c’est plus fort que moi, vraiment je ne peux pas me contrôler, je lutte, je lutte comme une dingue contre moi même, et finalement je plonge la tête la première.
Et maintenant quand je cède à ma « pulsion », j’ai ma copine Fabienne Lepic qui vient me rappeler à l’ordre par messagerie pour me dire « Bon tu vas arrêter d’aller répondre aux cons maintenant? », ce matin j’ai même eu droit à un « Mais bordel arrête! ».

Voilà je vous dis tout, je vais vous expliquer mon gros problème (d’ailleurs Fabienne elle appelle ça un « hobby », je trouve ça plutôt soft étant donnée l’ampleur que cela peut prendre.)

Je ne peux pas m’empêcher d’aller répondre aux commentaires à la con sur les pages facebook. C’est dramatique.
Je sais pourtant que chez certains (pour ne pas dire tous) ça ne sert strictement à rien, ils sont cons, archis cons même, et je me sens quand même investie d’une mission divine pour aller leur dire ce que je pense. Je suis même sûre qu’ils ne lisent pas toujours mes commentaires. Tant mieux. Parce que quand ils me répondent je sens la colère monter, puisqu’ils se justifient à 100% de leur connerie abyssale en s’enfonçant avec des arguments qui ne tiennent absolument pas la route quand on a un minimum de sens critique.

Mais non, j’y vais, j’y retourne, mes ulcères enflent, mes nerfs explosent…et je continue d’y aller. MASOCHISME JE CRIE TON NOM.

Et encore je vous dis que ça va mieux, parce que j’ai sacrément morflé entre les Présidentielles et le débat sur le mariage pour tous, j’en ai chié des ronds de chapeaux (j’aime bien sortir cette expression qui date, au moins, de 1895)

Je ne vous dis même pas combien de messages privés bourrés d’insultes j’ai reçu, combien de fois des gens m’ont bloqué de leurs profils ou bannie de leur page! Et là je ne vous raconte pas la frustration intense que ça procure pour une droguée comme moi ! Heureusement, les « manifs pour tous » ils avaient je ne sais combien de pages créées, « camping pour tous » (bordel comme c’était drôle ça), et des pages de « manif pour tous de Vesoul » et « tour de france pour tous » avec plein de villes, donc plein de pages. Un régal.

Autre truc que je fais souvent aussi c’est d’aller m’insurger : « Non mais vous êtes allés lire l’article au moins? » ou « Vous l’avez lu jusqu’au bout? », c’est mon dada du moment. Ma dope.
Non mais sérieux, c’est pas chiant les gens qui commentent juste en lisant le titre, qui s’enflamment alors que le titre est digne de la une d’un bon Ici Paris qui dirait « OH MON DIEU MICHEL SARDOU VIT UN DRAME ATROCE » alors que juste, il s’est foulé un poil de nez. (Oui, je conçois que ça doit faire mal, mais bon.)

Ultime chose qui me fout la rate au court-bouillon (oh lala celle là elle date de…1578, facile), c’est ceux qui disent « On s’en fout! », « On s’en branle », « C qui sa? », « euh vous savait que y a des guerre dans le monde et ke des enfants meures de faims? vous avait pas des VRAI info? » (les fautes sont volontaires, tirées d’une histoire vraie) Ces gens là j’ai envie de leur hurler dessus en filant des baffes tel un Obélix bien vénère contre un romain bien couillon dire:
-Si tu t’en fous, POURQUOI TU LIS, NOM D’UNE BITE EN BOIS?!
-Si tu t’en fous, c’est bien, moi aussi il y a des choses dont je me bats l’oeil, et bien je passe mon chemin, c’est pas vraiment très très compliqué, il suffit juste de descendre avec ta souris ou ton doigt, selon ce que tu utilises comme matériel, et tu passes à autre chose! SI JE TE JURE ESSAYE. (Je dis ça, mais pourtant j’y arrive pas moi, mais bon je fais ce que je veux moi) (merde)
-Oui effectivement il y a d’autres infos, d’ailleurs si tu fais ce que je viens d’expliquer juste au-dessus tu les verras les VRAIES INFOS, ou alors tu lèves ton cul de ta chaise, tu vas acheter un journal, (non, pas Ici Paris, ni Mercredi Détective, ça n’en n’est pas non plus, non non)

Ce que je préfère c’est les « PFFFFF » et les « FAKE ». Alors ça… Faut être fort, parce qu’on cumule la connerie et la faignantise. Joli combo.

Il y a des jours où je rêve qu’internet n’existe pas, où internet me fatigue, les gens me fatiguent. Je songe 2 secondes à déconnecter, à envoyer ma freebox au feu, et d’un coup j’ai un éclair de lucidité…mes Moukraines. Comment serait internet sans elles? Comment serait la vie. Hein? Je vous le demande?! Et bien ce serait carrément moins drôle, je vous le dis.

Alors je garde ma freebox, je reste abonnée à mes pages d’infos, et je me lance dans un élevage d’ulcères et je me fais engueuler par Fabienne. C’est un peu ça la vie aussi, faire de la justice (vaine, mais justice quand même) contre les cons.

Le temps non-extensible et la procrastination

procrastination

Chez les Moukraines on a plein de tocs, de phobies et de trucs bizarres. On a des défauts chelous aussi.
Par exemple, moi j’en ai un bien chelou et bien chiant (parmi plein d’autres évidemment). J’ai l’impression…enfin MON CERVEAU a l’impression que le temps est à rallonge. SI.

Je ne sais pas si vous connaissez le sketch de Florence Foresti où elle dit que le matin elle se réveille à 8h57 pour être au boulot à 9h, qu’elle est laaaaaaarge niveau timing. C’est exactement moi.
Je vous jure que quand j’ai vu ce sketch je me suis dit « c’est pas possible autrement elle a posé une caméra chez moi. »

J’habite à 100 mètres de mon travail. JE SUIS TOUJOURS EN RETARD. Toujours. Le matin, l’après-midi, tout le temps.
J’ai tellement le sentiment d’être laaaaaaarge et de pouvoir faire encore ça, ci, cela et puis au dernier moment, quand je suis juste pile poil à l’heure… »haaaaaannnn j’ai oublié çaaaaa »…PAF, en retard.

Je suis toujours de bonne volonté, tous les soirs je me dis « Allé, demain tu te lèves suffisamment tôt, tu auras le temps de tout faire, d’être zen » et puis bien évidemment le lendemain rien ne se passe comme prévu. Il manque un truc dans le cartable des enfants, j’ai pas repassé le t-shirt du Grand, j’ai pas signé un papier pour le Petit et quand eux s’y mettent aussi alors là on est le trio gagnant. (N’empêche qu’on arrive toujours à l’ultime limite de la fermeture du portail, ouf!) (Et sur le chemin on se croirait dans Pékin Express « gogogogogogo! Faster my friend! » Sauf que nous on est à pieds.)

Et donc comme vous l’avez sûrement compris, en prime de mon problème de temps extensible qui en fait ne l’est pas, je suis la reine de la proca..procrasta…pro….rha fuck, le truc qu’on dit quand-on-remet-tout-au-lendemain quoi!
C’est un truc qui fait péter un plomb à l’entourage et surtout à soi-même. (et un mot impossible à dire de la bonne manière du premier coup.)
Avec ce problème là il y a aussi énormément de bonne volonté de ma part. Mais non. Toujours pas. C’est barge.
Pourtant on le sait que c’est pénible. Que ça pénalise sur plein de points, que ça simplifie la vie de faire les choses tout de suite, la vie de famille et le boulot surtout (c’est là que je me rends compte à quel point je suis à un stade très critique). MAIS NON.

La vie serait trop simple, je crois.

Genre ça fait plusieurs semaines que je dois annuler un truc médical assez important. J’y ai pensé tous les jours, forcément jamais à l’heure d’ouverture du secrétariat. Lundi je me suis dit que là vraiment fallait que je le fasse….
Mardi….appel de la secrétaire pour me demander pourquoi je n’avais pas pris rendez-vous avec l’anesthésiste avant mon rendez-vous du jeudi. « Ah beh justement je devais vous appeler pour annuler, vous tombez super bien »

Je suis irrécupérable.
Enfin, je vais faire des efforts quand même. Hein.
Allé ouaaaais c’est décidé, j’arrête d’être à la bourre, je suis à jour dans mes papiers, dans mon organisation familiale et professionnelle, dans mon linge (oh bordel mon linge) et dans la vie quoi.

Ouais beh demain.

Un zèbre à la maison.

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A la maison nous avons un zèbre, si si je vous jure.

Il est propre, fait ses besoins aux toilettes, mange à table avec nous, dort dans son lit (bon, il parle en dormant par contre), nous fait des câlins. Un chouette zèbre. De 8 ans. Mon Zèbre, c’est mon fils, mon ainé. Vous ne savez pas ce qu’est un enfant-zèbre ? Une jolie définition sur ce site : http://www.zebras-crossing.org/doku.php?id=articles:zebre

En gros mon enfant est précoce, EIP, HQI, HP (*) etc… Je dis ça sans prétention aucune, sans une once de fierté, non ce n’est pas génial, non je ne le crie pas sur tous les toits et je ne porte pas de t-shirt avec l’inscription « mon fils est trop intelligent et je vous emmerde ».

Un enfant précoce ce n’est pas simple, ce n’est pas la joie. C’est sur que c’est chouette de voir son enfant s’intéresser à des tas de choses, avoir un humour à se taper le cul par terre, l’entendre si bien s’exprimer, le voir faire des projets, des constructions que je serais incapable d’imaginer ou faire…Mais si seulement ça pouvait s’arrêter là. Mais non.

Un enfant précoce c’est déjà lui dire sans cesse de ne pas se vanter (même s’il ne le fait pas, on sait jamais) parce que les gens le prennent pour un prétentieux alors que ce n’est absolument pas le cas. C’est calmer des angoisses absurdes ou fondées. C’est discuter, énormément, beaucoup, tout le temps. C’est lui expliquer que parfois la vie c’est comme ça, qu’il ne peut pas sauver la veuve et l’orphelin, ni résoudre toutes les injustices du monde et de sa classe.

On a commencé à se poser des questions alors qu’il était tout petit. Genre 18 mois/2 ans. Oui oui. Il était déjà « à part ». On a même cru longtemps qu’il était autiste. Léger hein, mais autiste.

 Ce petit bonhomme qui retenait des trucs improbables. A 2 ans, je l’avais dans les bras et il m’a dit « Ah! Là y a écrit Philips! »… Voilà, j’avais cette cafetière depuis des années, je n’avais jamais remarqué que c’était une Philips, lui oui. Il reconnaissait les logos, les marques en 1 secondes et demi.
Il aurait fait un super vendeur chez Darty ou chez un concessionnaire de bagnoles.

Il rangeait toujours tout du plus petit au plus grand, toujours bien aligné. Retenait qui chantait cette chanson, faisait des constructions de malade avec des cubes en bois et rapidement avec des Legos. Enfin, il construisait avec tout ce qu’il pouvait trouver.  On lui avait acheté un jeu de croquet en mousse (dit comme ça peut ça paraître drôle) et bien lui, au lieu de jouer avec, au croquet par exemple, il s’amusait à fabriquer des vaisseaux. C’était son obsession ça, les vaisseaux. Même avec des tangrams, dont il était censé faire des lapins, des grenouilles et autres animaux cubiques, beh non. Des vaisseaux.

Tout doit  être parfaitement symétrique. Il y a un côté maniaco-maniaque. Il a toujours joué seul dans son coin (avant que son frère naisse et qu’il soit en âge de se disputer de jouer avec lui.) Il arrivait même qu’on l’oublie. Tellement sage, tellement silencieux.

Il n’aimait pas tout ce qui était nouveau. Mon super doc nous avait dit qu’il était « néophobe ». Peur de la nouveauté quoi. Moi qui suis « olivenoirophobe*  »  je me trouve hyper chiante mais là c’est quelques crans au dessus. Par exemple quand la saison changeait et qu’il fallait changer de chaussures ce n’était pas possible. Donc il gardait des baskets alors qu’il faisait super chaud, ensuite on finissait par lui mettre des sandales, mais à un moment donné, il recommence à faire froid, et repasser aux chaussures fermées était un calvaire. Il y a des vêtements qu’il n’a mis qu’une fois, en faisant des crises abominables, et qui ont fini par rester dans les placards. Rien ne se passait normalement. Je vous passe les récits sur les repas hein.

Un jour, en plein été, on se promenait en ville et il ne voulait pas retirer son gilet. Vous imaginez la tête des gens ? Un zèbre avec un gilet fermé jusqu’au museau, en plein après midi d’un beau juillet Vauclusien, 40° degrés à l’ombre.

Tout est « tellement » dans l’extrême avec lui. Tellement d’amour, de sagesse, de calinage, de discussions. Tellement d’angoisses, tellement de rires, tellement d’émotions…Tellement de tout, tellement de lui.

C’est ça les premières années de vie d’une bestiole comme lui… Et encore à ce moment là on avait pas encore tout vu !

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Ci-dessus, mon zèbre de pres’ quatre ans et son vaisseau en « croquet de mousse ».

***Lexique: ***

* EIP: Enfant Intellectuellement Précoce / HP: Haut Potentiel /  HQI: Haut Quotient Intellectuel. *

* Olivenoirauphobe: Une trouille sans commune mesure et sans retenue contrôlée des olives noires. ON NE RIGOLE PAS. C’est pas facile à vivre je vous promets.